21 septembre 2009

Hommage au Père Hugo

Victor Hugo est un géant. De la littérature tout court, de la littérature engagée au service d’idées politiques, des combats sociaux. Ceux qui en doutent sont invités à relire Melancholia, dans Les contemplations, contre le travail des enfants (infra), ou le Dernier jour d’un condamné ou encore Les misérables.

Mais en plus, il a eu un siècle d’avance pour appeler à faire les Etats-Unis d’Europe. Pas une vague construction intergouvernementale, pas un de ces trucs sans âme que nos dirigeants essaient de nous vendre comme ersatz de nos rêves, mais les Etats-Unis d’Europe, rien de moins. Pour ne pas se soumettre à « Napoléon le petit », il a subi l’exil. Mais sa fin a été un triomphe. Au Panthéon où j’aime à me rendre parfois, il repose non loin de Monnet. Mais, grâce à ses œuvres, à leur humanité, à leur éternité, leur musique, il me paraît vivant et proche. Hugo, homme de chair et d’esprit, intelligent et sensible, égoïste et sensuel, poète et orateur, dramaturge. L’œuvre de lui que je préfère est L’Art d’être grand-père. Comme père, il avait tant souffert, comme grand-père, il est délicieux. Lors d’une séance de photos au Parlement à Strasbourg, je suis tombée sur son buste. Une bise au Père Hugo, comme à un grand-père complice.

 

Comment peut-on être persan ?

Dans les « Lettres persanes » parues en 1721, Montesquieu donne la parole à deux pseudo visiteurs venus de Perse, Usbek et Rica, qui racontent dans leur correspondance leurs expériences à Paris. Leur étonnement d’étranger devant ce qui, pour les Français, est ordinaire, oblige le lecteur français à s’interroger sur lui-même…

« Ah ! Ah ! Monsieur est persan ? C’est une chose bien extraordinaire ! Comment peut-on être persan ? » (Lettre XVII)

A l’issue de la présidence française, alors qu’approchait la présidence tchèque, on a un peu eu ce sentiment que certains à Paris, doutaient qu’il pût y avoir une vie sans être Français ? Comment peut-on être tchèque ?

L’Europe gagnerait à se regarder avec la même ironie distanciée que les voyageurs de Montesquieu. Car à Prague, on ne vaut pas mieux qu’à Paris. Les Tchèques aussi semblent se demander « Comment peut-on être Français ? »

2017-12-19T11:20:57+00:00