Le mercredi 24 juin, le Parlement européen a adopté un rapport d’initiative sur la réforme de la gouvernance économique.

Au nom du groupe ADLE, j’ai demandé le renvoi en commission parlementaire afin de l’améliorer, et de le hisser au niveau des positions ambitieuses pour l’Union économique et monétaire que le Parlement européen a pris lors des 5 dernières années..

En pleine crise grecque et alors que le rapport des 5 Présidents vient d’être publié, ce rapport du Parlement européen est déjà dépassé. Il comporte des manques flagrants notamment :

  • pas de proposition pour la gestion du stock de dettes qui est pourtant prohibitif dans plusieurs Etats membres. Le groupe ADLE a déjà proposé et a reproposé de mettre en place un fonds d’amortissement de la dette (redemption fund)  – ajouter le lien vers le ‘position paper ADLE sur la gouvernance économique – que je ne trouve pas sur l’intranet ni sur le site ADLE ;
  • pas de proposition précise concernant la représentation externe de la zone euro et en particulier au sein du FMI (acteur omniprésent de cette crise grecque) ;
  • pas de rôle précis pour la Cour de justice, institution incontournable de l’intégration communautaire, qui serait là pour contrôler le respect des règles – demander d’intégrer plus la zone euro ou d’intégrer plus de flexibilité dans l’application du pacte de stabilité et croissance sans un acteur indépendant pour vérifier la bonne application du cadre est étonnant, surtout lorsqu’on regarde la genèse de la crise grecque.

Le débat qui a précédé le vote a révélé les lectures contradictoires du rapport : les uns se félicitant que le rapport mentionne le besoin de revoir le cadre existant, les autres se targuant que ce même rapport incite à l’application stricte des règles existante. Mais il a aussi révélé évidemment des postures idéologiques très contradictoires qui ne laissent pas de place à des réflexions nouvelles ou l’élaboration de compromis solide dans le temps et nécessaire pour la stabilité de la zone euro.

Le résultat du vote nous aura donné raison. Ainsi, le paragraphe relatif à la création d’une capacité budgétaire pour la zone euro – une innovation fondamentale pour la zone euro – n’a recueilli que 370 votes en faveur. Lors du vote final, le rapport n’a reçu le soutien que de 317 parlementaires (254 contre). Il n’y a pas que la zone euro qui soit en crise. C’est préjudiciable, l’heure tourne. La zone euro doit être à la hauteur du projet économique et politique que sa création a constitué.

 

2017-05-19T00:50:34+00:00