Tous les deux ans ATD Quart Monde organise une “université populaire” européenne, en général à Bruxelles.

Les “universités populaires” sont l’une des actions fondatrices du Mouvement international ATD Quart Monde.

Elles consistent – en général dans une ville d’un seul pays – à donner la parole aux plus démunis, dans le but d’éradiquer la misère et l’exclusion.

En vue des élections européennes, en mai prochain, l’objectif de cette “Université populaire Quart Monde européenne” a été de rassembler des personnes démunies de plusieurs Etats membres (par ex Italie, Espagne, Pologne, France, Belgique, Allemagne) afin de permettre un dialogue transfrontière entre des personnes en situation de pauvreté, des responsables politiques et d’autres acteurs des institutions et associations.

L’université elle-même n’a duré qu’une journée, mais le travail de préparation a été considérable. Il a commencé il y a un an, à la fois dans les délégations locales d’ATD (dans les différents Etats membres) et dans un groupe de travail à Bruxelles réunissant des militants ATD Quart Monde et les représentants des institutions européennes. ATD Quart Monde travaille sur le principe de “croisement des savoirs”, avec la conviction que tout être humain a un talent, une somme d’expériences à faire valoir, notamment pour la conception des politiques qui les concernent.

Après une matinée dans les ateliers, tous les participants se sont réunis en plénière l’après-midi.

ATD Quart Monde avait identifié les thèmes clés des ateliers mais ce sont cependant les participants eux-mêmes qui les ont sélectionnés et ont préparé cette rencontre en amont. Ce sont eux qui ont élaboré des propositions concrètes à partir des réalités qu’ils vivent.

Le but ultime a été de présenter un document aux candidats aux élections européennes, rassemblant les demandes et attentes des plus pauvres. Ce texte a été finalisé après cette journée et se trouve ici. English version.

La plénière a été un moment d’échange très riche, à la fois sur le fond des principes à défendre, dans les politiques européennes, et en raison de la qualité des échanges humains entre les participants. Ces personnes n’ont pas l’habitude de travailler dans la sphère internationale. Un intervenant ayant par exemple exprimé ses craintes de pas comprendre les autres participants, venant d’autres pays ou de n’être pas compris par eux, a admis le soir, avec une joie visible, que le dialogue avait été possible. A mes yeux, avoir permis ces échanges entre des publics si vulnérables constitue l’une des grandes réussites de cette expérience.

Une autre intervention insistait sur l’importance, pour les participants, de discuter directement avec des députés européens, de reprendre confiance dans la représentation politique.

C’est exactement la raison pour laquelle j’ai tenu à ce que cette université puisse se tenir au Parlement européen. Il faudra recommencer en prouvant de nouveau que le Parlement européen est la maison de tous les citoyens européens.

2017-05-19T00:50:50+02:00