Mario Draghi est venu en commission ECON du Parlement européen ce jour (23 septembre).

Mon intervention a porté sur le volet externe de la gouvernance de l’euro.

« Monsieur le Président,

Merci pour le rôle actif que vous avez pris dans la rédaction du « Rapport des 5 Présidents » qui représente un message important de confiance dans l’avenir, à un moment critique.

Vous avez à juste titre ouvert la question de la représentation externe de  la zone euro que le Président Juncker a mentionné en plénière.

Etant en charge d’un rapport d’initiative sur le rôle de l’UE dans les organisations financières et économiques globales, je voudrais vous poser deux questions qui obéissent à la logique par étapes de votre « road map » :

1° que peut-on faire dans l’immédiat pour améliorer la transparence sur le rôle joué par la BCE dans des organes globaux tels que le Financial Stability board (créé par le G 20)  et le Comité de Bâle ?

2° Quelles peuvent être les étapes plus fondamentales pour assurer la légitimation démocratique de la représentation externe de l’euro? A ce jour l’eurogroupe ne rend pas de comptes à une assemblée de la zone euro ?

 

Sa première réponse mérite d’être relevée : Mario Draghi s’est déclaré prêt à « informer le Parlement européen des positions prises par la BCE dans ces organisations ». C’est une ouverture importante dont il faudra que nous reparlions.

Sur la représentation externe de l’euro en général, et le problème d’accountability que pose la proposition de Juncker (consistant à la confier à l’eurogroupe), il  fait preuve d’une modestie exceptionnelle : pour lui, c’est une responsabilité des Etats membres, pas de la BCE ! Après avoir été l’un des acteurs les plus actifs du débat sur la gouvernance de l’euro, cette soudaine réserve en dit long. Sans doute ne veut-il pas se battre sur tous les fronts. Au Parlement de prendre le relais et de démontrer que le manque de clairvoyance des Etats est, à terme, très préjudiciable aux intérêts européens.

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2017-05-19T00:50:31+02:00