Le Coq et la perle, 50 ans d’Europe, Le Seuil, février 2007.

Un essai sur l’Europe qui explique la méthode communautaire et appelle les Français au sursaut européen.

 

Le titre de l’ouvrage est emprunté à une Fable de La Fontaine qui raconte l’histoire d’un Coq qui trouve une perle et l’échange contre un grain de mil de bien moindre valeur ; en 2005, les Français et les Néerlandais ont fait un choix similaire ; ils ont rejeté le traité constitutionnel, révélant que le malaise des Européens est profond : quelle est la raison d’être de cette Union qui n’unit guère et a doublé le nombre de ses membres en dix ans ? Nul ne le sait plus. Que s’est-il notamment passé en France, pays fondateur ?

 

Pour sortir de l’impasse actuelle, l’idée de ce livre est de prendre du champ. Dans le fond, d’où sommes-nous partis et quelle Europe unie avons-nous réalisée? Ce livre redonne la parole à ceux qu’il est convenu d’appeler les « pères fondateurs » dont la pensée est méconnue aujourd’hui. Ce sont notamment Jean Monnet, Robert Schuman, Paul-Henri Spaak, Konrad Adenauer, Alcide de Gasperi, Walter Hallstein, Robert Marjolin, Altiero Spinelli.

 

A la lecture de leurs écrits, l’erreur des dernières années saute aux yeux : l’Union européenne est exactement retombée dans l’ornière dont ils ont voulu sortir l’Europe. Elle a négligé leur enseignement, leur méthode de travail. Rares sont les hommes politiques qui pensent et agissent en Européens. Plus personne ne se sent responsable de l’intérêt commun. Plus personne n’explique les vertus, ni n’assume les contraintes de l’intégration.

 

D’indifférence en négligences, la démolition du projet communautaire, délibérée chez certains, inconsciente chez d’autres, est en cours. Le nationalisme, la petitesse, l’égoïsme, les réflexes protectionnistes reviennent en force. Comme sous la restauration au XIXème siècle, c’est une véritable « réaction » qui est en route. Les « ultras » de l’Etat Nation, les hommes des anciens schémas de pensée, les chauvins, nient la révolution communautaire. Ils sont en train de gagner la partie. L’Europe se fait au ras des pâquerettes, par à coups, sans moyens, sans hauteur de vue. Obsédés par la quête d’avantages immédiats ou la défense de situations acquises, les Européens ne voient plus le trésor qu’ils possèdent.

 

Rien, dans ce constat, ne doit nous désespérer. Nos aînés nous ont légué une extraordinaire innovation. Aussi longtemps que leur méthode de coopération a été correctement appliquée, elle a fait ses preuves. Depuis que nous nous en sommes éloignés, l’intégration marque le pas. Les difficultés actuelles sont donc passagères et réversibles : il suffira de se remettre enfin à faire l’Europe sérieusement pour que l’élan revienne.

 

Le dessein de ce livre est de mettre en lumière les zones laissées dans l’ombre. Il n’apporte pas de réponse toute faite mais cherche à susciter la réflexion, à rappeler les rudiments si souvent oubliés. En donnant aux électeurs quelques clés pour distinguer les authentiques Européens des marchands d’illusions, il prépare le rebond. L’Europe est une trop belle idée pour la laisser mourir.

 

Plan du livre

– le chapitre 1er démonte l’argumentation des adversaires de l’Europe unie selon lesquels l’Europe était intravertie et qu’elle doit désormais s’adapter à la mondialisation ; la lecture des pères fondateurs dément catégoriquement cette affirmation. Leurs ambitions étaient d’ordre « civilisationnel ». Conscients des évolutions du monde, ils voulaient défendre les valeurs et les intérêts européens, permettre à l’Europe de « contribuer à un monde meilleur ».

 

– Le chapitre 2 montre à quel point l’Europe communautaire est une révolution passée inaperçue ; ses institutions ne sont pas nées par hasard ; elles sont le fruit d’une méditation sur les erreurs commises après la première guerre mondiale.

 

– Le chapitre 3 détaille les principes fondateurs de l’Europe unie ; celle-ci nécessite un effort de compréhension mutuel, un sens du sacrifice pour étayer la solidarité et la création de la confiance par delà les frontières.

 

– Au chapitre 4, sont évoquées les caractéristiques principales de la « méthode communautaire » : l’abandon de l’unanimité et le recours au vote majoritaire pour prendre des décisions, l’équilibre entre les Etats les plus peuplés (les grands) et les moins peuplés (les petits) ; l’échec des ersatz à cette méthode est patent (stratégie de Lisbonne par exemple).

– Dans le chapitre 5, les rapports de la France et de l’Europe sont analysés ; handicapée par sa conception de l’égalité, son refus de faire la différence entre Etats-Unis et URSS, aveuglée par la puissance, la France est l’Etat qui entretient avec l’Europe les relations les plus complexes, à la fois les plus étroites et les plus violemment négatives. Certains traits français sont cependant tout à fait salutaires pour le développement européen : la sensibilité aux questions culturelles, le refus d’une mondialisation sans règles et même un certain volontarisme…

 

– Enfin, la conclusion consiste à inviter l’Europe à retrouver le sens de l’intérêt commun, à réfléchir à son identité et à oser, si nécessaire, recourir à une avant-garde qui ne simplifiera pas tous les problèmes.

 

La conclusion est empruntée à Monnet : quelles que soient les difficultés, il faut continuer.

 

Prix du Livre Européen 2007

 

« Le Coq et la perle » de Sylvie Goulard a été retenu pour la finale du prix européen du livre, avec deux autres ouvrages, les « Etats-Unis d’Europe de Guy Verhofstatd et de Josep M. Colomer « Grandes imperios, pequenas naciones ». La remise du prix a eu lieu le 5 décembre au soir à Bruxelles. Au départ, une soixantaines de livres (essais mais aussi romans) publiés dans diverses langues européennes, avaient été sélectionnés. C’est Guy Verhofstadt, Premier ministre belge, qui l’a emporté.

Le premier « Prix du livre européen » a été attribué, mercredi 5 décembre, à Guy Verhofstadt pour son essai « Les Etats-Unis d’Europe », lors d’une cérémonie au Parlement européen pendant laquelle ont pris notamment la parole Jacques Delors, José Manuel Barroso, Hans-Gert Pöttering et Jean-Marie Cavada. … suite

 

Europa fehlt der Ruck
Fiche de lecture de ” Le Coq et la Perle ” de Sylvie Goulard rédigée par Jeanne Rubner, Journaliste, pour le Süddeutsche Zeitung, le lundi 15 octobre 2007. …suite

 

Le point d’Alain Duhamel
Le coq français et la perle européenne
12 avr 2007 – Alain Duhamel – © Le Point
Le paradoxe le plus baroque de cette campagne présidentielle tient à l’absence assourdissante de l’enjeu européen dans le débat. Il y a moins de deux ans, la France entière se passionnait pour le référendum sur les institutions européennes, la participation électorale grimpait en flèche et le non tricolore retentissait comme un tocsin à travers les vingt-cinq Etats membres de l’Union. …suite

 

Référence au livre Le coq et la perle
” Journal du Dimanche ” du dimanche 18 mars 2007

 

Fiche de lecture, Le coq et la perle
” L’agence Europe ” du mardi 13 mars 2007

 

Article sur ” le coq et la perle “
” Le Monde ” du Mardi 13 février 2007
Contre une Europe tiède et résignée

 

Fiche de lecture ” Le coq et la perle “
” Sud Ouest ” du Lundi 12 février 2007
« Une adresse à ceux qui font l’Europe sans y croire »

 

Fiche de lecture
” Ouest-France ” du Samedi 3 février 2007
Le coq gaulois et la perle Europe, Essai de Sylvie Goualrd

 

Fiche de lecture ” Le coq et la perle ”
” AFP ” du Jeudi 01 février 2007
Dépêche

2017-05-19T00:51:08+00:00