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Sylvie Goulard, au nom du groupe ALDE . – Monsieur le Président, Monsieur le Vice-président, je suis ravie de votre présence ce soir, parce que je crois que, même si les foules ne sont pas présentes autour de vous, il est quand même très important que vous preniez le temps, comme cela a été dit précédemment, de venir discuter avec les représentants des Européens.

Au printemps, nous avons adopté à une large majorité un rapport d’initiative qui insistait sur le besoin à la fois de transparence et de responsabilité des organes comme le Comité de Bâle. Par conséquent, nous apprécions beaucoup que vous soyez présent. J’apprécie aussi beaucoup, personnellement et au nom du groupe, que vous ayez pris des positions très claires et très fermes sur un sujet sur lequel on n’a pas toujours eu des messages aussi clairs de la Commission.

Une première étape a été la venue de M. Coen en commission des affaires économiques et monétaires. Je crois qu’on peut aussi se féliciter qu’il soit venu même si, évidemment, un seul débat ne peut pas suffire à établir des relations de confiance. Il faudra que cela soit suivi dans la durée par un dialogue.

Aujourd’hui, je voudrais transmettre deux messages. Le premier est assez évident, mais je pense qu’il faut le répéter encore et encore: nous sommes favorables à une coopération internationale. Il est évident que l’Europe veut être ouverte et travailler avec les autres, mais il n’est pas question que cela se traduise in fine par un plus grand impact en Europe que dans d’autres zones du monde sur le financement de l’économie.

Mario Draghi nous a dit tout à l’heure, en votre présence, que l’on commençait à peine à retrouver les niveaux de croissance d’avant la crise après huit années. Il n’est donc vraiment pas nécessaire de porter atteinte, en quoi que ce soit, à la croissance, et il faudra y veiller. Sur ce point, effectivement, nous comptons beaucoup sur la Commission pour travailler à rapprocher les positions des États. J’espère qu’il pourra y avoir un suivi du rapport d’initiative dont j’ai parlé, de manière à ce que à la fois au Conseil et à la Commission, entre la BCE et l’Autorité bancaire européenne, on arrive à mieux défendre en commun les intérêts européens, sans forcément créer des procédures très lourdes, en veillant toujours à ne pas mettre en péril le financement de l’économie.

Une dernière remarque à propos des élections américaines. Je me rappelle que, pour ce rapport, j’étais allée au Congrès l’année dernière. J’avais été très frappée par l’opposition entre les démocrates, d’un côté, et les républicains, de l’autre, autour de la loi Dodd-Frank et de la règle Volcker. Il est un peu tôt pour le savoir, mais peut-être que l’élection de Donald Trump aura un impact sur la manière dont les Américains voient la régulation.

Je souhaiterais, Monsieur le Vice-président, que l’on essaie autant que possible de ne pas se retrouver en Europe à progresser au Comité de Bâle avec des Américains de l’administration précédente pour ensuite être confrontés, le jour où il faudra mettre en œuvre, à des partenaires, y compris d’autres régions du monde, qui ne seraient plus d’accord pour avancer.

Par conséquent, je vous demande d’être vigilant, comme vous avez su l’être jusqu’à présent.

2017-05-19T00:50:05+02:00