Google ou le statut de la liberté

7 décembre 2006

Bien avant de vivre l’expérience du lancement d’un site Internet, j’ai adhéré à l’initiative de Jean-Noël Jeanneney, Président de la Bibliothèque nationale de France, tendant à créer une bibliothèque numérique européenne.

En décembre 2004, le moteur de recherche américain Google annonce qu’il va numériser et rendre accessible sur la toile, gratuitement, quinze millions d’ouvrages qui auront été sélectionnés dans les fonds de bibliothèques américaines et anglaises. C’est un beau projet pour la diffusion de la culture mais un danger existe que les œuvres soient choisies et classées en fonction de critères linguistiques (l’anglais d’abord) et commerciaux (les livres qui rapportent des contrats publicitaires à Google d’abord).

Par un petit livre Jean-Noël Jeanneney lance un débat global. Puis il organise une riposte européenne. Désormais toutes les bibliothèques de l’Union européenne, anciens et nouveaux membres confondus, sont d’accord pour créer une bibliothèque numérique européenne multiculturelle, conçue sans recherche de profit et selon les principes d’un savoir organisé.

Aujourd’hui, je suis plus que jamais persuadée qu’il est vital de préserver un accès impartial à ce qui circule sur la toile. Environ 75 % des internautes utiliseraient Google pour leur recherche. Tant que ce site n’y était pas référencé (c’est fait désormais), nombre d’entre vous m’ont dit ne pas l’avoir trouvé ! Le recours à des moteurs de recherche pourrait finir par poser des questions de libertés publiques.

Voilà un sujet dont le MEF pourrait se saisir pour sortir un peu des querelles institutionnelles…

Sylvie Goulard

2017-05-19T17:00:35+02:00