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L’eurodéputée du groupe ADLE va devoir convaincre son groupe de sa candidature face à celle de Guy Verhofstadt. Depuis 1979, le Parlement européen a été dirigé à 87 % par des hommes .

Toujours prompt à soutenir la cause des femmes, le Parlement européen est quasiment toujours présidé par un homme. En 37 ans, seulement deux femmes ont eu cet honneur, pour 12 hommes.

Et encore, il s’agissait de demi-mandats : Simone Veil et Nicole Fontaine ont présidé l’institution 5 ans sur 37. Depuis qu’il existe, le Parlement européen a donc été présidé par un homme 87 % du temps. Ce modèle « faites ce que je dis mais pas ce que je fais » commence à irriter, alors que le départ de Martin Schulz ouvre la voie à une nouvelle candidature.

La centriste Sylvie Goulard a décidé de donner un coup de pied dans la fourmilière en se présentant, notamment pour défendre cette cause. Mais pas seulement.

« Avant de s’interroger sur des noms de candidat, il faut s’interroger sur le poste ! Comment on préside le Parlement européen après Trump, après Erdogan, après le Brexit ? » s’interroge l’élue qui veut se battre pour qu’ « une vraie discussion ait lieu ».

Dans sa déclaration de candidature, l’élue propose que le Parlement européen se donne pour mission de redonner envie d’Europe, et de se tourner plus vers les Européens que vers Bruxelles, en évitant la connivence avec la Commission. Une vocation de terrain donc, plus de représentation institutionnelle.

Sa candidature est toutefois une vraie course contre la montre, puisque le remplaçant de Schulz doit être trouvé pour début 2017, et que le parti centriste devrait se décider dès la semaine prochaine sur son candidat.

Une misogynie latente ?

Or au centre, les regards se sont immédiatement tournés vers Guy Verhofstadt, le chef du parti. Un reflex phallocrate ? « Mais non, c’est juste qu’il rêve de ca depuis 10 ans » assure une source au Parlement européen. De fait le candidat potentiel a raté de nombreuses occasions. De là à éviter tout débat sur celui ou celle qui portera la candidature de l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe ?

Le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, a longuement et lourdement insisté pour avoir une commission parfaitement paritaire. Ce qui n’empêche pas l’exécutif européen d’avoir été systématiquement dirigé par un homme depuis sa création.

« Comment motiver les jeunes filles qui composent la majorité des diplômés si le plafond de verre écrase encore et toujours les femmes ? » se demande Sylvie Goulard, qui appelle à un choix en fonction du mérite pour le prochain candidat. Comme Martin Schulz, la candidate est polyglotte et intervient régulièrement dans les médias anglophones et germanophones, ou encore italiens.

Pour couronner le tout, la guerre de succession qui vient de s’ouvrir n’épargne pas les clichés. À droite, sur 7 candidats, une seule femme s’est présentée, l’irlandaise Mairead McGuinness. « Sa principale qualité est d’être une femme » estime un de ses copartisans, non sans misogynie. Le Français Alain Lamassoure est également candidat.

Un problème de transparence

Le manque de transparence de la campagne pour la tête du Parlement européen est aussi un sujet de mobilisation. Les principaux partis ont en effet l’habitude de faire des petits arrangements entre amis, avec l’aval de Berlin, Paris, et Bruxelles, sans que le commun des eurodéputés ne soit au courant.

« Comme pour toute élection, il est sain d’organiser un vrai débat sur ce que peut faire le Parlement européen. Compte tenu de la situation de l’Europe, il serait malvenu de l’éviter » souligne Jean Arthuis, eurodéputé du groupe ADLE également.

Un mystérieux accord aurait été écrit et signé par les têtes des principaux partis, soit Schulz, Verhofstadt et Weber, stipulant que Martin Schulz quitterait quoiqu’il arrive son poste à mi-mandat. La droite n’a pas manqué de rappeler ce document ces dernières semaines, ce qui a définitivement joué dans la décision de Martin Schulz de quitter l’institution. Mais l’existence d’un tel accord se fait en dehors de tout contrôle démocratique.

Si une candidature du centre est envisageable, ce ne sera pas sans tractation et autres alliances voire concession : le parti ne dispose que de 70 élus, et devra donc s’assurer du soutien d’eurodéputés, a priori de droite, avant d’affronter un vote en plénière. Un débat qui risque de fragiliser la soi disant « grande coalition » déjà fragilisée par de nombreux désaccords depuis sa formation il y a 2,5 ans.

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The French liberal MEP will have to convince her group to nominate her, rather than ALDE group leader Guy Verhofstad. Since 1979, 87% of the European Parliament’s presidents have been men. EurActiv France reports.

Despite its readiness to speak up for gender equality, the European Parliament has almost always been run by men. In the last 37 years, the institution has been presided over by two women and 12 men.

And these two women only had half mandates: Simone Veil and Nicole Fontaine held the presidency for just five years between them. But this “do as I say, not as I do” approach to politics has worn thin, and many MEPs see the departure of Martin Schulz as an opportunity for change.

Centrist MEP Sylvie Goulard decided to kick the anthill and stand for the presidency, partly to draw attention to the issue of gender imbalance. But there are other reasons too.

“Before thinking about the names of the candidates, we should think about the job itself. How should we preside over the Parliament after Trump and Erdogan, after Brexit?” Goulard asked. She wants a “real discussion to take place”, making a clean break from the past.

In her candidacy declaration, the MEP proposed a new mission for the European Parliament: to rekindle enthusiasm for the European project by looking outward to European citizens, rather than inward to Brussels, and avoiding collusion with the Commission. This is a far broader mission than simply representing the institution.

But her candidacy is a real race against the clock, because Schulz’s replacement must be chosen in January 2017 and the ALDE group will this week begin choosing its candidate.

Latent misogyny?

Upon news of Schulz’s withdrawal, all eyes immediately turned to ALDE leader Verhofstadt.

A chauvinist knee-jerk? “Of course not, it’s just that he has dreamed of this for ten years,” said a Parliament source. The potential candidate has already been overlooked for the presidency several times. But should this preclude any debate over the liberal candidacy?

Commission President Jean-Claude Juncker has often been heard holding forth on the merits of equality. Yet since its creation, the European executive has systematically been run by men.

“How can we motivate young women, who make up the majority of our graduates, if they are still being blocked by the glass ceiling?” Goulard asked, insisting that the next candidate be chosen on merit.

Like Schulz, Goulard is a polyglot and regularly appears in the English, German and even Italian media.

To top it all, the war of succession that has now well and truly begun has fallen victim to all the usual clichés. On the right, the EPP has seven candidates, only one of which is a woman, the Irish MEP Mairead McGuinness.

“Her main quality is that she is a woman,” said one of her EPP colleagues, not without a hint of misogyny. French Republican MEP Alain Lamassoure is also standing for the presidency.

A transparency problem

The lack of transparency in the campaign for the Parliament’s top job is also a mobilising factor for the smaller political groups. The two main groups, the European People’s Party (EPP) and the Socialist and Democrats (S&D) often come to an agreement between themselves, with the backing of Paris, Berlin and Brussels, without consulting the rest of the MEPs.

“As for any election, it is healthy to organise a real debate on what the European Parliament can do. In light of the state that Europe is in, it would be a bad idea to avoid this,” said Jean Arthuis, a French ALDE MEP.

A mysterious agreement was apparently reached between Schulz, Verhofstad and Manfred Weber, the leader of the EPP group, stipulating that Schulz would renounce the leadership mid-mandate, whatever happened.

The EPP’s repeated references to this deal in recent weeks undoubtedly had a part to play in the president’s decision not to run for a third term. But again, it was made outside the democratic oversight of the majority of MEPs.

If a centrist candidate is to be a serious contender for the presidency, they will have to form alliances and make concessions: the party only has 70 MEPs and will have to canvas members of other groups, particularly the EPP, if it is to have a chance of winning a plenary vote.

Such a debate could further weaken the so-called “grand coalition”, which is already suffering from the many conflicts that have shaken Europe over the last two and a half years.

2016-11-28T18:42:37+00:00