En passant par la maison de Jean Monnet

21 janvier 2007

Petit clin d’œil du destin, c’est dans le jardin de la chaumière de Monnet, à Houjarray, dans les Yvelines, que j’ai entamé ma série de rencontres avec les adhérents. Un beau soleil d’hiver illuminait le coteau où le grand homme a vécu après-guerre, commençant ses journées par des marches dans les bois environnants. L’endroit est simple, doux, paisible.

La section des Yvelines est la plus nombreuse et l’une des plus dynamiques du MEF. L’an dernier, des groupes de travail ont rédigé des résolutions ; le programme de 2006 montre un nombre d’activités tout à fait remarquable. Il n’en demeure pas moins que, là comme ailleurs, les effectifs sont insuffisants et le renouvellement des générations ne se fait pas comme il faudrait.

Aussi ai-je vigoureusement appelé à augmenter le nombre de adhérents, à travailler dur sur le fond, à continuer le militantisme local. Un adhérent donne ses « trucs » pour parler d’Europe au supermarché ou dans une librairie.

Puis la discussion se poursuit à bâtons rompus. Un proviseur attire mon attention sur le caractère trop peu européen des « sections dites européennes » des lycées où les enfants sont censés recevoir une éducation en langue étrangère dans une « discipline non linguistique ». Comme mère de famille qui a deux filles en section européenne d’allemand, je partage tout à fait les interrogations de cette responsable. Nous devrions faire plus pour rendre ces cursus véritablement européens, pour tourner nos enfants plus encore vers les autres. Pour l’instant, le danger est qu’ils deviennent des filières de sélection et rien de plus, même si certains professeurs de langue ont bien du mérite d’emmener leurs classes à l’étranger, de monter des échanges. Même si tout ceci va dans le bon sens, nous sommes restés au milieu du gué : un peu d’Europe ma non troppo.

Dans notre échange, il est aussi beaucoup question du traité constitutionnel, du moyen de sortir de la crise, des attaques contre l’euro. Deux heures passent comme un rien, dans un échange vif et direct. L’Europe intéresse ; l’Europe passionne.

Nos hommes et femmes politiques se souviennent-ils que 45 % des Français ont voté oui à la constitution ? Et que le camp du non est une mosaïque hétéroclite de protestations parfois fondées, parfois incohérentes, en tout cas souvent incompatibles les unes avec les autres, suffisantes pour passer la barre des 50 %, insuffisantes pour offrir la moindre alternative crédible ?

Sylvie Goulard

2017-05-22T12:42:27+00:00