19 juin 2007

Hier, l’un de mes enfants est rentré à la maison avec la chanson de Sting « Russians » qui, en 1985, dénonçait la folie de l’affrontement est / ouest et du surarmement.

Soudain, ce fut en moi le retour d’un passé enfoui, kyrielle d’images et de slogans aujourd’hui oubliés… Quand j’étais enfant, comme eux, quand j’étais jeune, les Soviétiques étaient les ennemis. Plus de vingt ans après, les enfants d’Europe chantonnent ce tube sans comprendre, sans savoir.

Le texte n’a pas pris une ride ; j’adhère toujours à la pétition de principe « There is no such thing as a winnable war ». Aucune guerre n’est jamais gagnée. La seule protection valable, c’est que les Russes aiment leurs enfants aussi…

Le danger d’une guerre entre Russes et Occidentaux s’est éloigné ; grâce à la chute du mur de Berlin, j’ai pu rencontrer des Russes. Je pense à l’une d’elle en particulier, Maman aimante, mère de trois filles, comme moi. I know the Russians love their children too…

Reste les autres et, notamment ces jours-ci, la terrible situation dans la bande de Gaza: Palestiniens dont les enfants cagoulés manient la Kalashnikov, Israëliens dont les enfants sont soldats, milices du Liban, groupes armés partout dans le monde. Il y a encore tant de pays où la guerre a droit de cité, où les enfants des uns iront tuer ceux des autres.

Que peut faire l’Europe, continent pacifié pour faire entrer cette vérité dans les esprits ? Et que pouvons-nous faire pour lutter contre une certaine tendance, chez nous, à considérer la paix comme acquise et l’Europe comme superflue ?

Chantons peut-être, pour éviter le désespoir qui naît du sentiment d’impuissance :

“What might save us me and you
Is that the Russians love their children too”…

Sylvie Goulard

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