Cappuccetto rosso sur le sentier européen

15 avril 2007

Longtemps, les loups ont eu mauvaise réputation. Considérés comme des animaux cruels, tuant par goût du sang, capables d’attaquer les enfants, ils ont été traqués puis, peu à peu, décimés. Bien après la disparition du « danger », de nombreux contes, à commencer par le petit Chaperon rouge, ont perpétué la légende.

Peu à peu, la vérité est apparue : les loups sont des animaux solidaires, aux rapports sophistiqués, chassant pour se nourrir, qui ne s’en prennent pas aux hommes. Leur retour dans les Alpes, via l’Italie – où nul ne dit si Cappuccetto rosso a, depuis, adouci sa vindicte – a suscité de nouveau des frayeurs et des passions. Mais la vérité est là : si les troupeaux (mal gardés en France) ont du souci à se faire, les petites filles peuvent dormir tranquilles.

Des parcs animaliers ont ouvert, comme celui, très bien conçu, du Gévaudan, en Lozère (1), où des meutes de loups peuvent être observées en semi-liberté. Si cette semi-domestication n’est pas aussi avilissante que celle de la fable de La Fontaine « Le loup et le chien », elle n’a rien à voir avec la complète liberté de mouvement de ceux qui jadis étaient les seigneurs des épaisses forêts de France. Les captifs, nostalgiques, ont souvent un regard triste qui culpabilise l’homme.

Espérons qu’un jour, nous ne regretterons pas d’avoir éradiqué les Commissaires européens et autres fonctionnaires communautaires, présentés de plus en plus souvent comme nocifs. La manière dont l’attaque contre l’Europe est devenue monnaie courante, la montée du nationalisme devraient nous alerter. Arrêtons le jeu de massacre avant de réaliser qu’ils n’étaient pas forcément méchants. Il ne servirait alors plus à rien de les mettre en cage.

Sylvie Goulard

1 www.loupsdugevaudan.com

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