Pour ou contre les euro-obligations ? 2014-09-10T16:16:57+00:00

Pour ou contre les euro-obligations ?

L’introduction des euro-obligations a fait l’objet de débats passionnés ces derniers mois. D’un côté, certains se positionnent contre toute mise en commun des dettes souveraines, faisant valoir des arguments dont il est nécessaire de tenir compte. A l’inverse, les partisans d’une dette émise conjointement vont parfois jusqu’à considérer ce nouveau système comme le remède miracle contre la crise. Avant de se prononcer, le Parlement européen a tenu à analyser, sans a priori, les arguments pour et contre.

Contre

Les réfractaires à l’émission commune de dette mettent en avant les différences entre les pays membres de la zone euro : qualité de la gestion publique, montant de la dette, performances économiques… A l’heure actuelle, la zone euro se trouve en effet dans une situation unique, dans laquelle les États partagent une monnaie unique sans politique budgétaire ni politique économiques communes. Dès lors, selon la crédibilité financière de chaque pays – reflétée notamment par les notations des agences -, les taux d’intérêt exigés par les investisseurs varient. L’Allemagne, notée “AAA”, emprunte à des taux moins élevés que la France, qui emprunte à des taux moins élevés que l’Italie ou l’Espagne. Selon les pourfendeurs des euro-obligations, les “bons élèves” de la zone euro ne devraient pas financer la dette des pays qui ne parviennent pas à gérer correctement leurs finances publiques. De la même façon, dans une famille on ne garantirait pas facilement la dette d’un proche qui gère mal son budget.

Pour

Pourtant si l’idée des euro-obligations a été soulevée par le Parlement et reprise par la Commission, c’est bien parce que ses avantages valent la peine d’être étudiés :

  • assurer une discipline budgétaire plus durable, fondée sur des marchés liquides, reflétant justement la situation respective des Etats ;
  • fournir des actifs liquides et sûrs aux investisseurs, en tirant parti du potentiel de l’euro sur les marchés mondiaux ;
  • préserver la BCE en lui permettant de se recentrer sur la politique monétaire.

S’y ajoute le danger que représente, pour le marché unique, le repli actuel des investisseurs sur la dette nationale.