Dans mon intervention, j’ai salué la présence du Président de l’eurogroupe en plénière (une première) en raison du besoin de débats démocratiques, publics et transfrontières sur l’union économique et monétaire.

J’ai également remercié le Président Juncker pour avoir souligné l’importance de la lutte contre le chômage et le besoin de légitimité.

Le Président ayant fait une référence positive au « dialogue économique » mis en place par la législation dite « 6 pack », à mon initiative, j’ai rappelé que lors de la création de ce forum entre institutions et gouvernements , les Etats étaient d’abord farouchement opposés à cette innovation. Ils ne l’ont accepté qu’à grand peine et non sans tenter d’en réduire la portée. Une preuve supplémentaire qu’il faut savoir insister quand les gouvernements refusent des changements utiles. Peu à peu, les mentalités évoluent.

J’ai ensuite salué le rapport « des 5 présidents » qui, au moment où il a été adopté, en pleine recrudescence de la crise grecque, a donné à l’évidence un signal positif. Mais nous ne devrions pas nous satisfaire de la production de rapports (4 Présidents, 5 Présidents, 6 la prochaine fois ?), ni de projets qui, si utiles soient-ils, restent très abstraits pour les Européens, par exemple « l’union des marchés de capitaux ». Pour les non spécialistes, son nom n’est pas parlant. Mieux vaudrait parler d’une union d’investissement, en soulignant le but plutôt que les instruments.

Enfin, la zone euro doit définir où elle veut aller, c’est vital comme l’a dit le collègue Rosati du PPE.

Les Européens attendent des emplois, nous avons besoin d’augmenter notre compétitivité.

Jusqu’à présent, en vertu des traités, le cadre institutionnel est unique, l’Union reconnaît une monnaie, l’euro, deux Etats seulement bénéficiant d’une dérogation formelle. C’est cette unicité qui justifie que les députés de tous les Etats soient placés dans la même situation, au Parlement, et que les Etats sont également partie aux autres institutions.

Mais à partir du moment où l’on accepterait une union « à plusieurs monnaies », à partir du moment où l’on multiplierait les situations exorbitantes du droit commun, pourrait-on conserver  l’égalité institutionnelle ? C’est douteux.

On observe déjà un phénomène préoccupant : des « passagers clandestins »  critiquent en permanence l’euro ou l’UE, tout en empochant des montants d’aide importants qui améliorent leur situation budgétaire.

Voir la vidéo de l’intervention >

2017-05-18T10:55:05+02:00