Chronique du Sud-Est n°3 “Ensemble, nous formons la meilleure équipe du monde”

A l’occasion du 9 mai, date de la déclaration de Robert Schuman, en 1950, le Nouvel Observateur m’a demandé de répondre, pour son site, à deux questions : pourquoi croyez-vous au rêve européen ? Quelle est la mesure prioritaire à vos yeux ? Mes réponses sont groupées dans cette 3ème chronique.

 

Je crois au rêve européen parce que l’Europe existe déjà. Partout des villes, des universités, des cafés, semblables et pourtant différents, lui donnent son charme singulier. Partout des écoles, des hôpitaux, des jardins publics sont accessibles à tous. Je voudrais que l’Europe reste ce continent solidaire où il fait bon vivre.

Je crois au rêve européen parce qu’il y a, entre nous, des liens plus profonds qu’on ne dit. Des oiseaux de malheur ont érigé, entre des peuples frères, des barrières artificielles. A nous d’opposer aux souverainistes l’histoire et l’humour. Souvenons-nous que la Lorraine a rejoint la France fortuitement, à la suite du mariage d’une Habsbourg, et que les Bourguignons ont poursuivi Jeanne d’Arc autant que les Anglais.

Je crois au rêve européen parce que tant de jeunes gens doivent à l’Europe unie la vie sauve. Devant les noms de leurs aînés, alignés sur des pierres froides, je me sens dépositaire d’un héritage fragile, d’un lumignon qu’un souffle mauvais pourrait éteindre. Le président russe nous le rappelle.

Je crois au rêve européen parce que l’Europe fait rêver. A Tokyo, on joue du Bach et à New York, dans les musées, c’est Marseille qu’on admire, sous le pinceau de Cézanne. Je voudrais que l’Europe reste un foyer de création, tourné vers l’avenir.

Je crois en l’Europe unie parce que le monde, vaste, changeant, appelle la naissance de nouveaux ensembles organisés. Parce que je fais confiance à des Européens d’autres pays avec qui j’ai travaillé.

 

Avec eux, j’ai envie de bâtir quelque chose de grand, de neuf. Je n’ai pas peur. Ensemble, nous formons la meilleure équipe du monde.

Alors s’il fallait proposer une seule mesure, ce serait l’apprentissage massif des langues étrangères et la multiplication des rencontres, à tous les niveaux de la société, à tous les âges.

Pour faire l’Europe, pour bien gérer notre monnaie, pour parler au monde d’une seule voix, il faut d’abord se connaître, s’apprécier.

Il faut se défaire de ses réflexes et de son orgueil.

2017-05-19T00:50:42+02:00