Après que les partisans de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne ont fait miroiter, lors du référendum, un choix binaire entre l’enfer (européen) et le paradis (national), assistons-nous à la naissance du purgatoire ? Toutes proportions gardées, la situation rappelle l’apparition progressive et tortueuse, au Moyen Âge, d’un lieu intermédiaire de l’au-delà, fort bien décrite par l’historien Jacques Le Goff.

Un accord amiable avec les 27 suppose que les Britanniques assument les conséquences de leur choix. C’est loin d’être acquis. Avant même de négocier les modalités de la coopération future, trois questions sont en discussion, d’ici décembre, pour organiser la séparation. La situation des citoyens européens au Royaume-Uni et des Britanniques dans l’UE semble en voie d’être réglée. Les aspects financiers font l’objet d’un marchandage dont l’issue est d’autant plus incertaine que l’opinion britannique n’est pas préparée à l’effort requis. Reste la question du destin de l’Irlande, qui est, de loin, la plus délicate. À ce stade, Teresa May fait deux promesses inconciliables : d’un côté, l’absence de frontière avec la République d’Irlande ; de l’autre, la sortie du Royaume-Uni tout entier du marché commun et de l’union douanière. La négociation pourrait fort bien capoter sur ce point, l’île ayant été longtemps déchirée par des conflits auxquels la signature des accords du Vendredi saint, adossés à l’UE, a permis de mettre un terme en 1998.

 

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2018-01-03T13:40:21+00:00