Le 20 juin 2016, à la surprise générale, le leader du « leave », Boris Johnson, a annoncé qu’il ne serait pas candidat dans la course au 10 Downing Street. Compte tenu des risques économique et politique d’une sortie du Royaume-Uni, il y avait déjà une part d’irresponsabilité, pour un ancien maire de Londres, à faire campagne pour se couper de l’Union européenne. Boris Johnson a certainement du considérer qu’il n’était pas à la hauteur pour assumer les conséquences de son choix.

 

1/ Irlande du Nord

Le résultat du référendum plonge l’Irlande du nord dans l’incertitude. Le pays a voté majoritairement pour rester dans l’Union ; la sortie du Royaume-Uni risque de déstabiliser une paix fragile dans la région : l’accord du vendredi saint, signé en 1998, ouvrant la frontière entre l’Irlande du nord et la République d’Irlande, est fragilisé.

Cet accord a beaucoup aidé l’économie en Irlande du nord, et a réduit le taux de chômage dans la région frontalière, très élevé avant l’ouverture de la frontière. Pour beaucoup de personnes frontalières, les souvenirs des attentats terroristes restent vivaces et la crainte est grande de retomber dans une spirale de violence.

Pendant la campagne, Theresa Villiers, secrétaire d’Etat pour l’Irlande du nord et en faveur du « leave », a répété que la sortie du RU n’aurait aucune conséquence sur l’accord du vendredi saint, qu’il n’y aurait pas, de nouveau, des contrôles à la frontière, que la paix ne serait pas remise en question.

La réalité n’est malheureusement pas si évidente. L’accord réduisait le nombre de contrôles et donc de policiers et soldats britanniques présents en Irlande du nord, ce qui ne serait probablement plus le cas si la frontière Irlandaise devient une frontière extérieure de l’UE. L’Europe a joué un rôle non négligeable dans l’accord, particulièrement sur les droits de l’homme et l’égalité, et aussi l’obligation d’incorporer la convention européenne des droits de l’homme dans la législation en Irlande du nord.

 

2/ Les mensonges sur le budget

Pendant la campagne, des bus ont sillonné le pays, arborant le slogan « £350m for the NHS » : une sortie de l’Union devait permettre de réallouer la contribution hebdomadaire du Royaume-Uni à l’Union européenne, 350 millions de livres sterling (ce qui n’inclue ni le rabais britannique ni les bénéfices économiques de l’appartenance à l’Union, ce chiffre était donc déjà un mensonge), au service de santé.

Dans les heures qui ont suivi l’annonce officielle du résultat, Nigel Farage a avoué que cette promesse était « une erreur de la campagne », intenable. Iain Ducan Smith, ancien ministre de David Cameron, a lui indiqué que cette promesse faisait partie « de toute une série de possibilité ». Il a pourtant donné des interviews pendant la campagne devant ces bus et cette promesse. Il faut donc s’attendre à d’autres marche-arrière. Les Britanniques qui ont cru, de bonne foi, leurs « responsables » politiques ont de quoi être en colère.

 

 

3/ Les mensonges sur la libre circulation et le marché

L’immigration est devenue le sujet majeur de la campagne. Sortir de l’Union européenne devait permettre au Royaume-Uni de retrouver ses frontières. Au lendemain du référendum, les partisans du « leave » ont dû admettre que cette promesse, elle aussi, était irréalisable. Le député européen Daniel Hannan a d’ailleurs déclaré à la BBC : « Si les gens qui nous regardent pensent qu’ils ont voté pour avoir une immigration zéro de l’UE, ils vont être déçus. Nous voulons juste un pouvoir de contrôle ».  Certains qui n’ont pas hésité à utiliser ces mensonges pendant la campagne ne souhaitent plus en parler : Daniel Hannan a annoncé qu’il prendrait un mois de ‘congés’ de Twitter, après 6 mois de campagne.

Pour conserver l’accès au marché unique, le Royaume-Uni devra respecter ses règles, dont l’une des plus importantes est… la libre circulation des personnes.

 

 

4/ Avant / Après

Avant

Après

« Napoléon, Hitler, plusieurs personnes ont essayé de le faire, et cela s’est terminé de manière tragique. L’Union européenne est une autre tentative avec des méthodes différentes. »

Boris Johnson, Sunday Telegraph, 15 mai 2016

« Je ne soulignerai jamais assez que la Grande-Bretagne fait partie de l’Europe, et en fera toujours partie. Il y aura toujours une coopération européenne intense et qui s’intensifiera dans de nombreux domaines : arts, sciences, universités, protection de l’environnement… »

Boris Johnson, Daily Telegraph, 27 juin 2016

“Nous envoyons chaque semaine 350 millions de livres sterling à Bruxelles. Je préfèrerais que l’on puisse contrôler la manière dont on utilise cette argent, et si j’avais ce contrôle je dépenserais cet argent pour la NHS (Service national de santé) ».

Gisela Stuart, présidente du bureau de la campagne officielle « Vote Leave » et co-organisatrice du Comité de campagne de « Vote Leave », BBC Radio 4, 15 avril 2016

« Je prendrai toutes les mesures nécessaires pour donner au système de santé au moins 100 millions de livres sterling supplémentaires par semaine ».

Michael Gove, co-organisateur du commité de campagne de « Vote Leave », discours du 1er juillet 2016,

 

« Je n’ai jamais dit cela pendant la campagne. Les 350 millions de livres étaient une extrapolation des 19,1 milliards – c’est à dire le montant total de ce que nous donnions à l’Union européenne ».

Iain Duncan Smith, Andrew Marr show, 26 juin 2016

«Le Premier ministre a vu ses demandes- des compétences rapatriées, des limites à l’immigration, des exemptions pour nos industries clés – lui être rejetées à la figure.

L’UE ne peut pas changer ou ne changera jamais.

La seule manière d’obtenir un meilleur arrangement est de voter la sortie. »

Daniel Hannan, député européen, The Sun, 22 juin 2016

« Honnêtement, si les gens qui nous regardent pensent qu’ils ont voté et qu’à partir de maintenant il n’y aura plus du tout d’immigration européenne, ils vont être déçus. »

Daniel Hannan, Député européen, BBC News, 24 juin 2016

 

***

 

Brexit or a school for wizardry and witchcraft

On 20th June 2016, much to the surprise of everyone, Boris Johnson, one of the leaders of the “Leave” campaign, announced that he would not be a candidate in the race to become Britain’s next Prime Minister. Taking into account the economic and political risks linked to the UK leaving the EU, the fact that a former Mayor of London was campaigning to leave shows a certain degree of irresponsibility. Boris Johnson must have come to the conclusion that he was not capable of dealing with the consequences resulting from his choice.

 

1/ Northern Ireland

The outcome of the referendum plunges Northern Ireland into uncertainty. The country voted to stay in the Union by a clear majority; the departure of the EU puts the current fragile peace in the region at risk: the Good Friday Agreement, signed in 1998, which opened the border between Northern Ireland and the Republic of Ireland, could be undermined.

This Agreement significantly helped the Northern Irish economy, and reduced the rate of unemployment in the border region, which was very high before the border was opened. For many living in this area the memories of the terrorist attacks remain very fresh and there are real concerns of relapsing into violence.

During the campaign, Theresa Villiers, Secretary of State for Northern Ireland and in favour of “Leave”, said multiple times that the UK leaving the EU would not have any impact on the Good Friday Agreement, that there would not be a return to border controls, and that there was no risk concerning peace in the region.

The reality is unfortunately much less clear cut. The Agreement reduced the number of controls and the number of British police and soldiers present in Northern Ireland, which would probably no longer be the case if the Irish border becomes an external border of the EU. Europe played a not insignificant role in the Agreement, particularly concerning the focus on human rights and equality, as well as an obligation for the European Convention on Human Rights to be incorporated into Northern Irish legislation.

 

2/ Lies concerning the budget

During the campaign buses crossed the country brandishing the slogan “£350m for the NHS”: leaving the Union would allow the UK’s weekly contribution to the EU budget, 350 million pounds (this figure does not include the British rebate nor the economic benefits which membership of the Union brings, thus this figure is already incorrect), to be used for the National Health Service.

Just hours after the official result was announced, Nigel Farage admitted that this promise “was one of the mistakes that the Leave campaign made” and untenable. Iain Duncan Smith, former minister in David Cameron’s government, indicated that this commitment “is the divide up. It was never the total.” During the campaign however, he did interviews in front of this bus bearing this promise. Other retractions are to be expected. Those British voters who believed, in good faith, their political “representatives” have reason to be angry.

 

 

3/ Lies concerning free movement and the market

Immigration became the key topic during the campaign. Leaving the Union was supposed to allow the UK to control its borders once again. The day after the referendum the “Leave” camp had to admit that this promise too was impossible to keep. The MEP Daniel Hannan declared on the BBC: ““Frankly, if people watching think that they have voted and there is now going to be zero immigration from the EU, they are going to be disappointed… All we are asking for is some control over roughly who comes in and roughly in what numbers.” Some, who did not hesitate to make use of these lies during the campaign no longer want to talk: Daniel Hannan announced that he would be “taking month off Twitter” after 6 months of campaigning.

In order to maintain access to the Single Market, the UK would have to respect the rules, one of the most important of those being…the free movement of people.

4/ Before/After

 

Before

After

“Napoleon, Hitler, various people tried this out, and it ends tragically. The EU is an attempt to do this by different methods.”

Boris Johnson, Sunday Telegraph, 15 May 2016

“I cannot stress too much that Britain is part of Europe, and always will be. There will still be intense and intensifying European cooperation and partnership in a huge number of fields: the arts, the sciences, the universities, and on improving the environment…”

Boris Johnson, Daily Telegraph, 27 June 2016

“Every week we send £350m to Brussels. I’d rather that we control how to spend that money, and if I had that control I would spend it on the NHS.”

Gisela Stuart, chairman of Vote Leave Board and co-convenor of Vote Leave Campaign Committee,  BBC Radio 4, 15 April 2016

 

“I will take all the steps necessary to give the NHS at least another £100million per week by 2020”

Michael Gove leadership speech 1 July 2016, Michael Gove, co-convenor of the Vote Leave Campaign committee

 

“I never said that during the course of the election. The £350m was an extrapolation of the £19.1bn – that’s the total amount of money we gave across to the European Union.”

Iain Duncan Smith, Andrew marr Show, 26 June 2016

The PM’s requests — powers returned, limits on immigration, exemptions for our key industries — were thrown back in his face.

The EU can’t or won’t change.

The only way to get a better deal is to vote to leave.”

Daniel Hannan, MEP, The Sun, 22 June 2016

 

“Frankly, if people watching think that they have voted and there is now going to be zero immigration from the EU, they are going to be disappointed.”

Daniel Hannan, MEP, BBC Newsnight 24 June 2016

 

2017-05-19T00:50:12+00:00