Cet événement était organisé en collaboration avec Caritas Europa et Cittalia.

Jorge Nuño Mayer, le secrétaire général de Caritas Europa, a présenté les principaux éléments du rapport de Caritas Bienvenue ! Une Europe plus forte grâce aux migrants (disponible également en anglais et en allemand), qui souligne la nécessité d’impliquer les personnes immigrées dans les politiques qui les concernent, de renforcer leur capacité à participer activement au sein de la société et de faire prendre conscience de leurs contributions positives, ainsi que de la nécessité de trouver des solutions innovantes aux problèmes d’aujourd’hui. Il est essentiel de se concentrer particulièrement sur les plus vulnérables, de créer des partenariats au niveau local – pour être efficaces, les initiatives ne doivent pas forcément être verticales – et d’établir un meilleur système de surveillance.

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Les principales recommandations de Caritas Europa aux Etats membres soulignent l’importance de mettre en place des stratégies nationales d’intégration, évitant la concurrence autour des ressources économiques, donnant accès à un système de santé de bonne qualité et à des politiques de logements efficaces. Elles estiment également essentiel que les personnes immigrées aient accès à l’éducation, que leurs droits soient protégés et que les communautés qui les accueillent et elles-mêmes soient habilitées à contribuer activement à la société.

La réunion de l’intergroupe était une occasion de partager de multiples exemples de projets d’intégration qui fonctionnent bien.

Mark Wiggin, président de Caritas du diocèse de Salford au Royaume-Uni, a expliqué comment Caritas a développé un modèle de parrainage communautaire qui permet aux individus, avec un soutien et un cadre légal approprié, de prendre en charge collectivement des personnes immigrées. A Salford, 25 personnes, remplissant différentes fonctions, sont responsables pour une famille et s’organisent entre eux pour leur proposer une maison, leur donner accès à une éducation et à un système de santé, leur faire bénéficier de cours de langues et les soutenir dans leur recherche d’emploi.

Pour plus de détails, veuillez lire le communiqué Community Sponsorship and the Resettlement of Refugees (cliquez ici)..

En Italie, comme Leonardo Domenici, président de Cittalia l’a expliqué, le modèle qui semble être particulièrement adapté est celui qui implique les autorités locales travaillant main dans la main avec les ONG locales, afin de mettre en place des programmes d’accueil, globaux et intégrés, pour les personnes immigrées en Italie. Il y a un réseau national de centres locaux d’accueil et de projets d’intégration, qui respecte les lignes directrices établies par le ministère de l’intérieur et qui est établi dans toutes, sauf une, les régions de l’Italie. Pour compléter et soutenir les projets locaux entrepris, il existe un service central qui gère la banque nationale de données, surveille les activités locales entreprises, offre une assistance technique, conseille les projets locaux et contribue à soutenir la prise de conscience et les activités d’information. La connaissance des campagnes d’informations locales et des réseaux locaux sont un pilier essentiel pour les programmes d’accueil et d’intégration italiens.

Pour obtenir davantage d’informations et de statistiques sur des projets concrets mis en place, retrouvez la présentation en cliquant sur ce lien.

Caritas a montré deux vidéos montrant comment leurs projets ont un impact concret sur l’existence de personnes immigrées. M. Mousab Eloudi, un Tunisien vivant en Espagne, a obtenu des papiers et a reçu une formation officielle « horeca » lui permettant de trouver un travail qui lui plait, au sein d’un restaurant à Barcelone. Dans le cadre d’un autre projet à Vienne, à l’hôtel Magdas, 20 personnes réfugiées sont employées et formées par 10 experts de l’hôtellerie dans les différents secteurs de l’hôtel. Le projet a pour but de donner un travail à ces personnes et de faciliter leur intégration, mais également de leur procurer la formation nécessaire afin qu’elles puissent travailler dans n’importe quel hôtel en Europe dans le futur. Mme Anita Arakelian, une jeune syrienne travaillant à l’hôtel Magdas, a expliqué qu’elle appréciait vraiment son travail et qu’elle souhaitait poursuivre sa formation et apprendre l’espagnol.

George Joseph de Caritas Suède a souligné l’importance du dialogue face au problème des barrières culturelles. À Göteborg, Caritas anime des « centres de de discussions », qui sont des sortes de « maisons ouvertes » accueillant jusqu’à 100 participants – personnes immigrées, réfugiées et d’origine suédoise mélangées – pour discuter. Les participants sont très divers, George Joseph a raconté une discussion récente avec 6 femmes. Toutes avaient perdues des membres de leur famille, soit dans leur pays ou durant le trajet vers l’UE. Ces femmes étaient musulmanes shiites, musulmanes sunnites, chrétiennes orthodoxes et chrétiennes catholiques, qui étaient toutes venues partager leurs expériences. Elles parviennent à dépasser leurs différences religieuses. Lorsqu’on leur demande ce qui peut être amélioré en Suède, elles répondent  qu’un discours plus positif sur les personnes immigrées doit être adopté, mettant en avant des exemples où celles-ci réussissent leurs objectifs, avec des solutions individuelles au sein de communautés locales. Pour George Joseph, les ministères du gouvernement et les académiques pourraient beaucoup apprendre en découvrant les initiatives sur le terrain, comme par exemple les « centres de discussions ».

Agnese Papadia de la Commission européenne a détaillé plusieurs éléments clés du Plan d’action pour l’intégration des ressortissants de pays tiers de la Commission européenne, qui a été publié en juin 2016. L’intégration est vue comme un des outils principaux à notre disposition pour faire de l’immigration un succès. La Commission considère qu’une immigration réussie doit être une dynamique à double sens : elle doit bénéficier aux personnes immigrées et aux communautés où ils vivent, dépassant les seuls bénéfices économiques pour contribuer à une société plus juste et plus unie.

Afin d’y parvenir, la Commission propose 3 actions principales. Tout en travaillant pour établir un dialogue constant avec les acteurs du terrain, elle estime essentiel de:

– investir dans l’intégration – avec des moyens financiers et des contacts avec toute une série d’acteurs renforcés. Les niveaux de financements de l’UE pour l’accueil ont été augmentés.

– construire un discours plus positif sur l’immigration – pour que cela soit possible, les communautés individuelles jouent un rôle majeur. C’est important de construire un discours positif sur l’intégration et de mettre en avant des exemples réussis à travers l’UE.

– la dialogue a besoin d’être soutenu entre les acteurs sur les différents niveaux (national, local, société civile etc.).

Pendant les deux présentations et la session de questions réponses qui ont suivi, beaucoup de défis communs étaient soulevés :

– l’apprentissage des langues est essentiel ;

– la légalisation des situations (un droit permanent de résidence plutôt qu’un droit temporaire) apporte la stabilité aux situations des personnes, enlève une source importante d’inquiétude et leur permet de se concentrer sur d’autres problèmes ;

– une partie du travail d’intégration consiste à aider les réfugiés à dépasser le traumatisme qu’ils ont subi et il n’existe pas de solution unique. Ainsi, Caritas Suède a développé différents outils pour travailler avec des hommes et des femmes sur ces aspects.

Tous ceux qui étaient présents à cette réunion étaient conscients du fait que l’intégration réussie des personnes immigrées est certes un défi immense pour l’UE, mais qu’il y a urgence à agir et à construire un discours d’opposition aux discours populistes. Toutes les actions d’intégration doivent inclure et habiliter les personnes immigrées à pouvoir jouer un rôle actif dans la prise des décisions qui les concernent et les actions doivent également inclure les communautés locales. Partager les expériences facilite la compréhension mutuelle et crée des liens forts. Les personnes immigrées deviennent de véritables individus dans leurs nouvelles communautés et non plus de simples statiques.