Un mot de mes ouvrages

Sept livres sur l’Europe ? Sur un sujet qui passe pour rébarbatif et dont on nous dit qu’il n’intéresse personne ? Et bien oui ! Pour l’instant c’est essentiellement sur ce sujet que j’ai écrit, et je remercie tous ceux qui, en appréciant mes livres, en les offrant autour d’eux, notamment à des jeunes, ont montré qu’on pouvait relever le défi de parler d’Europe de manière moins austère.

Quand j’ai écrit « L’Europe pour les Nuls », la collection était moins connue. On m’a dit que je prenais « un risque »… si le risque est d’être vendu en supermarché et de diffuser mes idées dans des publics divers, je suis heureuse de l’avoir pris.

Et pourquoi des titres littéraires, inattendus ? Pour me faire plaisir. Les intitulés mortels des ouvrages sur l’Europe ont contribué à en faire un repoussoir. Qui peut être attiré par un bouquin intitulé « Perspectives et réalités de moyen et de long terme pour une adhésion éventuelle de la Turquie à l’Union européenne » ?

Au fil de mes lectures des auteurs français d’un XVIIème siècle que j’aime tant, je suis tombée par hasard sur l’expression « Le Grand Turc et la république de Venise » (dans l’Avare de Molière) ou « Le Coq et la Perle » (dans un recueil de Fables de La Fontaine).

Deux ou trois Messieurs d’un âge respectable m’ont fait part de leur gêne devant le titre de mon « Europe, amour ou chambre à part ? » Personnellement, je suis plus gênée parce que nos gouvernements font de l’Europe… D’autres m’ont confié leur déception, à la lecture. Ils attendaient visiblement des pages plus croustillantes.

Le clin d’oeil à Voltaire dans « Il faut cultiver notre jardin (européen) » a le même caractère fortuit ; en relisant Candide, j’ai eu envie de rendre hommage à un auteur qui réunit exactement ce qui manque à notre temps : un regard aiguisé sur la société, une ironie mordante préservée du « politiquement correct » de notre époque, une verve et même une pointe de cynisme qui font réfléchir et rire à chaque page. Dans Candide, il est question de religion sans révérence excessive, de politique sans illusions et la langue est splendide.

J’ai bien eu droit à des remarques sur le caractère rétrograde et raciste de l’allusion au « Grand Turc » (horresco referens !) ; certains critiques ou lecteurs se sont un peu emmêlés les pinceaux, le Coq devenant, selon les cas, une cigogne ou un perroquet mais ce n’est pas bien grave. Je demeure persuadée que le meilleur de l’Europe, ce sont ses grands auteurs qui, dans toutes les langues, ont forgé notre pensée. Et qu’on comprend mieux l’Europe en prenant un peu de recul qu’en restant le nez sur les communications de la Commission ou les rapports des think tanks.

Quant à « L’Europe pour les Nuls », il y a bien eu quelques grincheux eurosceptiques pour me reprocher l’arrogance du titre. Evidemment, ils se sont sentis visés ! Mais leur réaction prouve qu’ils n’ont pas même lu l’introduction où j’explique en quoi « les Nuls ne sont pas ceux qu’on pense ». Il faut savoir rire un peu ! L’Europe irait tellement mieux si la plupart de ses acteurs ne se prenaient pas tant au sérieux !

L’ouvrage, « De la démocratie en Europe », co-écrit avec Mario Monti, rend hommage à Alexis de Tocqueville ce jeune aristocrate qui a su voir « plus loin » que son époque. Comprenant que l’aristocratie – à laquelle il appartenait, et à laquelle il tenait – était définitivement condamnée, il a fait le voyage jusqu’aux Etats-Unis pour étudier, sur place, l’épanouissement de la jeune démocratie américaine.

Les lecteurs découvriront qu’il nous a accompagnés tout au long de notre réflexion car nous avons délibérément cherché à mettre la construction européenne dans une perspective séculaire (et non pour copier les Américains, faute d’idées…comme certains nous l’ont reproché, sans avoir lu le livre). Nous voudrions inviter les Européens à sortir des schémas de pensée, étroits, et parfois nombrilistes d’aujourd’hui. Les questions que nous nous posons : comment permettre enfin aux citoyens européens d’exprimer des préférences politiques et de choisir ceux qui les dirigent ? Comment répartir le pouvoir entre les Etats et le centre de décision dont la zone euro a besoin ? Existe-t-il un peuple européen ?, ces questions là, d’autres se les sont déjà posées avant nous, au XVIIIème, au XIXème siècle.
Grâce à Tocqueville, nous sommes retournés lire les Federalist Papers rédigés par les constitutionnalistes américains à la fin du 18 ème siècle, eux-mêmes inspirés par l’histoire européenne. Ils nous ont menés dans l’Antiquité grecque où avec Clisthène, nous avons pu vérifier que le peuple (demos) athénien n’a jamais été une donnée pré-établie, figée, et ethnique ou tribale – comme les nationalistes essaient de le faire croire – mais un rassemblement que le jeu de la démocratie, justement, a rendu possible.

Avec Italo Calvino et Goethe, nous avons réfléchi à l’esprit public et aux potentialités de l’Europe d’aujourd’hui, en tournant un peu en dérision les tentations manichéennes qui saisissent les membres de la zone euro. Si seulement on pouvait séparer, selon des frontières fixes et rassurantes, les bons Européens des méchants, les vertueux des crapules…tout serait si simple.

Dans « Europe, amour ou chambre à part » (paru en septembre 2013), ce sont ces visions cloisonnées de l’Europe que j’ai dénoncées. Le ton est plus grinçant mais hélas, les élections européennes de mai 2014 ont confirmé plusieurs des craintes que j’avais exprimées dans cet ouvrage : les partis français, les extrêmes mais aussi les soi-disant modérés et responsables, ont continué à considérer le Parlement européen comme un lieu de recyclage de gloires politiques déchues et de planque pour les paresseux. Le résultat est une perte vertigineuse d’influence de la France et une dégradation de son image, entachée par ces copinages. Les autorités n’ont pas fait de campagne de pédagogie civique avant les élections ; elles n’ont pas incité les médias à respecter leurs propres cahiers des charges (celui de France 2 est édifiant à cet égard ! Si seulement notre télévision publique faisait ce qu’elle est censée faire pour expliquer l’Europe). Cela n’a pas empêché nos dirigeants de venir pleurer le soir du scrutin en déplorant le « séisme » de la montée de partis haineux. Bref, je persiste et signe. On ne peut pas faire l’Europe si chaque pays fait « chambre à part » et s’en désintéresse.

Goodbye Europe, Flammarion « Café Voltaire », mai 2016

Comme  l’a écrit Emmanuel Beretta dans Le Point,  « il ne faut pas se laisser abuser par le titre de cet essai, « Goodbye Europe ». Sylvie Goulard ne souhaite pas la disparition de l’Europe politique, mais sa renaissance. »

Le référendum que le gouvernement britannique organise le 23 juin prochain, à propos de l’appartenance du Royaume-Uni à l’Union européenne, nous tend en réalité un miroir où se reflètent nos propres doutes et faiblesses.

Il ne fait pas de doutes que le départ de ce pays affaiblirait l’Union européenne : elle perdrait une démocratie de premier plan, un partenaire géopolitique majeur, une économie dynamique et ouverte ainsi que la première place financière mondiale. Un précédent serait créé qui, par effet domino, pourrait enclencher un délitement. Mais l’accord international auquel sont parvenus nos chefs d’États ou de gouvernement le 19 février dernier illustre crûment les errements de l’Europe actuelle: les dirigeants européens « prétendent retenir le RU dans l’Union par le reniement de ses règles et le sacrifice de sa substance. Est-ce le RU qui la quitte ou tous l’ont-ils déjà abandonnée ? ».

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Retrouvez les extraits publiés dans Le Point

Une erreur psychologique a été faite: « Personne ne semble s’être posé la question de savoir si la meilleure manière de retenir les Britanniques était vraiment de céder à toutes leurs demandes. A Bruxelles, l’idée s’est répandue qu’il était impossible de leur refuser quoi que ce soit. C’était accepter de se soumettre à ce qu’il faut bien appeler un chantage, alors même que l’Union européenne repose sur le principe de « coopération loyale » inscrit dans les traités.

C’est d’autant plus regrettable que certaines des demandes de David Cameron, par exemple celles visant à renforcer l’efficacité de l’Union et sa compétitivité dans la course mondiale, étaient fondées. Son invitation à réformer la gouvernance de l’euro aurait également dû être entendue car, quelle que soit la décision des Britanniques, le statu quo n’est pas tenable.

« Le drame, ce n’est pas la force du Royaume-Uni, c’est la faiblesse de ses partenaires. Le drame, c’est le manque d’élan et d’imagination, c’est le silence de la France, de l’Allemagne, des autres pays fondateurs, des institutions et de tous ceux qui, par le passé, ont apporté leur pierre à l’édifice commun et s’en désintéressent aujourd’hui ».

L’arrangement du 19 février dernier est ambigu. Pour le gouvernement britannique, c’est un accord international contraignant justifiant l’organisation d’un référendum et son dépôt aux Nations Unis. Pour les autres Etats membres, c’est un texte interprétatif ne réclamant pas même un passage devant les Parlements nationaux.

« Les conditions de l’appartenance d’un Etat à l’Union ont été fixées par un arrangement de droit international comme les Etats européens pourraient en conclure avec le Nicaragua ou le Zimbabwe. (…) Les chefs d’Etat et de gouvernement ont même inventé la première éponge double face du droit international » avec « un côté rugueux pour gratter les doutes anglais et permettre à David Cameron d’organiser son référendum et un côté tout doux pour ne pas effrayer François Hollande ».

Cet accord promet des changements ultérieurs des traités et des modifications de législation sur des points fondamentaux : l’objectif de construire une « union sans cesse plus étroite » serait abandonné ; une interférence accrue serait accordée aux Parlements nationaux dans la procédure législative européenne, au risque de l’entraver ; à la liberté de circulation, des limitations de prestations seraient opposées. Ces changements n’ont donné lieu à aucun débat. Ils accordent au RU un statut encore plus à part, au mépris des engagements qu’il avait antérieurement pris.

Quelle que soit en définitive la décision souveraine des Britanniques, la France, l’Allemagne et les autres pays de l’Union doivent  tout aussi souverainement élaborer une vision d’avenir.

« Nous ne pouvons plus progresser dans la construction européenne à tâtons, comme des somnambules, sans définir ensemble, par un débat démocratique transfrontière, dans quel type de société nous voulons vivre. »

Souvent les  défaillances imputées à l’Union européenne sont le reflet d’un bouleversement plus vaste, à l’échelle du monde. C’est pourquoi la nostalgie du « retour au Franc » ou de la souveraineté nationale retrouvée, ne sont que des illusions. La mondialisation crée des interdépendances nouvelles et relativise le territoire. Dans ce contexte l’instrumentalisation de la nation et de la chrétienté à laquelle se livrent des « patriotes » auto proclamés, est scandaleuse.

« Plus que le partage de souveraineté consenti dans l’Union européenne, c’est le grignotage sournois dû au bouleversement du monde qui réduit les marges de manœuvre des pays. L’Union européenne, au contraire, nous restitue de la souveraineté. »

Des élections majeures se tiendront en France et en Allemagne en 2017. C’est l’occasion de définir ce que nous voulons faire de l’Europe et de s’atteler à la reconstruire.

It is of the outmost importance to keep the UK in…

  • Brexit would be costly and negative for the UK, as well as for the EU
  • Geopolitical reasons: division of the West is dangerous (US/Canada clearly against Brexit); fragmentation would please Putin
  • Economic reasons: pro-business, open country/driving force for the Single Market and trade agreements
  • Historical and democratic achievements of the UK

 

But a sound legal basis is essential

  • On 19 February, international agreement made between the 28 Member States, outside the EU Treaty framework; ambiguous nature; circumvents Treaty revision procedures; the Commission should have objected; no debate in national parliaments/no debate/vote in the EP
  • Legally binding or interpretative? Nobody knows; agreement deposited by the UK at the UN/no ratification in the national parliaments of the other Member States
  • Opaque promises of Treaty changes, as well as modifications to EU social legislation still to be confirmed; for example: to give blocking rights for national parliaments obviously requires Treaty change; bypassing legal framework of Treaties not appropriate/efficiency of EU legislative process reduced

 

Need fair ‘agreement’ for all – from a French/euro area perspective, the deal is unfair

  • Until now, single set of institutions (1 EU Parliament/1 EU Commission) because the euro is the single currency of the whole EU (2 countries, including UK, having an opt out); if the UK definitively refuses to join the euro, it should have no right to participate further in decision making process
  • Asymmetric concessions on sovereignty (“ever closer union” removed from Treaty); the UK has signed and ratified the Treaties which were the result of give and take
  • No reason to give an outsider an emergency brake on Banking Union; settlement unclear on the Single Market for financial services; UK still Single Market oriented?
  • If the UK manages to reduce its commitments, why should France (and Italy) still pay an unchanged contribution to the British rebate: EUR 1,6 billion a year (Italy EUR 1,2 billion)?
  • ‘Agreement’ very weak concerning competitiveness

 

Cameron[1] was right on 3 points:

  • the need to boost Europe’s competitiveness
  • the need to reform the EU/deepen the euro area
  • No British veto on any euro area reform, as the UK is outside

 

The EU leaders were not right:

  • Taking the risk of destroying the EU/creating a dangerous precedent – to solve domestic problems in one country at the EU level; hazardous gambling
  • Interpreting the Treaty as giving a government the right to blackmail its partners with the threat of leaving; art 50 of the EU only foresees the right to leave, certainly not to unilaterally obtain a special status
  • Accepting the narrative that the UK is discriminated against concerning the euro area; it has not been put in a minority, it has made the sovereign choice not to join the euro, which is quite different
  • Buying the argument that democratic accountability can only derive from national parliaments; the European Parliament has been directly elected since 1979 (UK committed member; excellent work of many British MEPs)

 

Conclusion

  • Whatever the British people decide, deepening /democratizing the euro area should be the priority
  • If the UK stays, need to clarify the future relationship EU/euro area: presidential election in France/federal election in Germany in 2017, opportunity to open a debate and get a popular mandate to renegotiate the Treaties (including concerning the UK’s role) which would offer a more balanced deal for all
  • If the UK leaves
    • need to respect the article 50 procedure (2 years/majority decision/consent of the European Parliament)
    • consequences for the UK should be clear (no more Single Market, no passporting, clearing houses for euro transactions in the euro area)

[1] Bloomberg speech, January 2013

Sylvie Goulard, la colère d’une Européenne – Par Emmanuel Berretta, Le Point, 19/05/2016

Brexit et bien-pensance – Edito de Dominique Seux, Les Echos, 23/05/2016

Sylvie Goulard, une Européenne pressée – Par Florence Autret, La Tribune, 27/05/2016

Sylvie Goulard invitée d’Emilie Aubry – La cité du livre, LCP, 03/06/2016

Refuser la Turquie et retenir la Grande Bretagne – Tribune d’Alfred Grosser, La Croix, 06/06/2016

Face à l’Europe – Débat sur La Première, RTB, 06/06/2016

3 raisons de lire Goodbye Europe – Par Christophe Barbier, L’Express, 08/06/2016

« Le “Brexit” est révélateur de l’absence d’efforts pour se projeter dans l’avenir », interview par Jerôme Badié, M le magasine du Monde, 10/06/2016

« Pourquoi le Brexit galvanise les fédéralistes européens », par Karl de Meyer, Les Echos 13/06/2016

Le livre du jour : l’insupportable chantage britannique – Par Catherine Chatignoux, Les Echos, 13/06/2016

«S’il n’y a que vingt-huit roitelets en Europe, nos Etats sortiront de l’Histoire», Propos recueillis par Béatrice Houchard, l’Opinion, 14/06/2016

Europexit, Par Denis Jeambar, Le 1 hebdo, 15/06/2016

50 notions sur l’Europe , Editions First, 2016.

Une nouvelle édition de l’Europe pour les nuls, mise à jour et présentée en 50 notions.

L’Europe est devenue le bouc-émissaire idéal.

Elle est souvent désignée comme la cause de tous nos problèmes. Le rêve d’un destin commun a cédé la place au doute. Elle n’est pas parfaite, loin de là. Mais que proposent ses adversaires ? Un retour en arrière ? Ce serait peu adapté au monde d’aujourd’hui, où émergent de nouvelles puissances. Un repli ? Cela ne répondrait pas aux défis sans frontières de notre temps : terrorisme, changement climatique, capitalisme mondial.

C’est pour combattre les idées reçues que Sylvie Goulard et Thibaut Caulier expliquent en 50 notions clés où en est l’Europe.

De la vision des pères fondateurs jusqu’à nos jours. Institutions, Parlement, économie, politique, union économique et monétaire, ce sont tous les aspects de l’Europe qui sont exposés ici, sans complaisance.

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L’Europe pour les Nuls, Editions First, nouvelle édition 2014.

l-europe-pour-les-nuls-3e-ed-copyLa nouvelle édition, augmentée et mise à jour, vient de sortir, avec une préface par Dany Cohn-Bendit :

Sylvie Goulard a raison. La plupart des citoyens ne connaissent rien à l’Europe. Et en fait, « l’Europe pour les Nuls » peut se traduire par « l’Europe pour tout le monde ».

Sylvie Goulard est sûrement la personne la plus apte et qualifiée pour nous éclairer, avec pédagogie, dans le labyrinthe européen.

Son expérience du Quai d’Orsay, sa connaissance unique de l’histoire du couple franco-allemand et son passage au Parlement européen lui permettent avec facilité, lucidité et humour de retracer l’histoire de ce magnifique projet européen en construction, donc en permanence inachevé.

Tous les eurosceptiques les plus convaincus, tous les pro-européens les plus illuminés peuvent, en puisant dans L’Europe pour les Nuls, trouver des arguments qui renforcent leurs préjugés ou leurs convictions. Car Sylvie Goulard réussit une chose extraordinaire, sans être idéologique ni simplificatrice : elle raconte avec passion une histoire qui mérite d’être connue. Pour ma part, je tiens à remercier Sylvie pour cet ouvrage qui m’a appris des tas de choses. Je conseille à tout le monde de prendre un peu de temps à consulter cette Europe pour les Nuls.

Dany Cohn-Bendit

La matière étant complexe, nous avons pris le parti d’un plan qui soit aussi simple que possible.

Première partie : Une si longue histoire

L’Europe pour les Nuls commence par expliquer l’histoire de la Communauté européenne – devenue Union – afin de bien faire comprendre qu’elle rompt avec les pratiques antérieures. Tel est l’objet de la première partie, qui retrace même la genèse de l’idée européenne avant l’Europe. L’idée de tenter de bâtir une organisation permettant de mettre fin aux guerres remonte vraisemblablement à l’époque des guerres de Religion (« le grand dessein » de Sully). Elle a été approfondie par des grands esprits européens comme Victor Hugo ou le philosophe allemand Emmanuel Kant. L’histoire communautaire proprement dite ne débute qu’après la Seconde Guerre mondiale. Au fil des chapitres, en compagnie de Jean Monnet, du général de Gaulle, de Valéry Giscard d’Estaing, d’Helmut Kohl, le lecteur comprendra en quoi les Communautés sont une idée révolutionnaire et suivra, de 1950 à aujourd’hui, toutes les étapes de cette construction, ses avancées comme ses échecs.

Deuxième partie : Les principes de l’Europe, une révolution douce

La deuxième partie est la plus importante. Elle explique les principes sur lesquels est fondée l’Europe. Les Européens la trouvent souvent compliquée mais on ne leur a pas donné la clé pour la comprendre. Les fondateurs ont inventé une nouvelle méthode de coopération qui requiert des efforts particuliers : privilégier l’intérêt européen commun, rejeter le nationalisme, ne pas faire de différences entre « grands » et « petits » États. Cette méthode a fait ses preuves, elle subit cependant la concurrence d’illusions présentées comme des alternatives mais dont l’efficacité reste à prouver. Chassées par la porte dans les années 1950, les petites négociations entre gouvernements sont revenues par la fenêtre depuis le traité de Maastricht, avec la « politique étrangère commune » ou la « méthode ouverte de coordination », aux noms ronflants et aux résultats piteux.

Troisième partie : Les institutions, une autre logique

Une fois l’éclairage fait, nous pouvons mettre les mains dans le cambouis et regarder le « Meccano institutionnel » : à quoi servent le Parlement (qui représente les peuples) ou le Conseil (qui représente les États) ? Qu’est-ce que cette Commission chauve-souris, mi-gouvernement mi-cercle d’experts ? Que s’est-il passé après le rejet du traité constitutionnel en 2005 ? Où en est-on depuis l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne ? Sur les pouvoirs mais aussi sur les contre-pouvoirs (les lobbies, la presse, les Églises, les syndicats européens), vous saurez tout.

Quatrième partie : Les politiques, que fait l’Europe ?

Alors, dans une quatrième partie, nous pourrons décrire tout ce que l’Union européenne fait pour vous, ses « politiques » : le marché unique et ses quatre libertés de circulation, la politique agricole commune, la politique étrangère et même l’Europe des trains, pour revenir à nos plus beaux souvenirs d’enfance.

Cinquième partie : Les défis de demain, les raisons d’espérer

Enfin, nous réfléchirons ensemble aux défis auxquels l’Union européenne sera confrontée à l’avenir : la question d’une éventuelle avant-garde ou des moyens financiers et institutionnels de l’Union, de la place de la France en Europe.

Sixième partie : La partie des Dix

Dans cette partie bien connue des habitués de la collection, nous rendrons hommage à dix personnalités incontournables qui ont fait l’Europe. Nous passerons également en revue dix clichés pour tordre une dernière fois le cou aux préjugés.

Septième partie : Annexes

Vous trouverez enfin en annexes des documents qui vous permettront d’aller plus loin. Grâce aux différentes cartes, vous visualiserez les étapes de l’expansion européenne. Et pour ceux qui veulent poursuivre leur découverte de l’Europe, approfondir leurs connaissances ou tout simplement en savoir un peu plus sur un sujet précis, une bibliographie vous propose des recommandations de lectures et des sites Internet

Le comité de parrainage, présidé par Jaques Delors, compte notamment parmi ses membres Jean Daniel (Fondateur éditorialiste du Nouvel Observateur), Etienne Davignon (ancien Vice-président de la Commission européenne), Pavel Fischer (Ambassadeur de la République Tchèque en France) ou encore Monica Frassoni (ancienne Députée européenne (Verts)).

Le prix a été décerné par un jury de quatorze journalistes européens (des correspondants permanents à Bruxelles de neuf pays différents). La sélection des essais comptait trente-huit ouvrages de pays différents.

TheWiners_CSylvie Goulard et Mariusz Szcygiel, les deux lauréats 2009

 

L’octroi du « Prix du livre européen 2009 » mérite quelques remarques supplémentaires à l’information publiée dans notre bulletin N° 10038. Je reconnais mon scepticisme de départ face au dédoublement du prix, avec la séparation entre essai et roman: entrer en concurrence avec le Prix Goncourt et les centaines de prix analogues qui existent en Europe ? J’avais tort, car en fait le roman choisi n’en est pas un, et l’essai se lit comme un roman.

« Gottland » est composé de petits récits ayant tous une base de vérité historique ; selon un membre du jury, « il n’est aucunement un roman ni même une fiction », mais une exploration de l’esprit tchèque. On passe de l’histoire d’une chanteuse tchèque dont Goebbels était éperdument amoureux aux subterfuges de la nièce de Franz Kafka pour ne pas être identifiée, jusqu’à la construction/destruction à Prague de la plus grande statue au monde de Joseph Staline, dont personne n’a jamais parlé.

L’auteur Marius Szczygiel (pas facile à prononcer pour les latins…) est polonais mais toutes les histoires narrées sont tchèques, ce qui confère au livre son caractère européen ; d’autant plus qu’il est déjà traduit notamment en français. L’essai qui se lit comme un roman est « L’Europe pour les nuls », de Sylvie Goulard, dont c’est la deuxième édition mise à jour et qui avait déjà été retenu par le jury lors de la première. Attirer et retenir les lecteurs en racontant l’histoire et le fonctionnement de la construction européenne, c’est un pari.

On reste rêveur en se rappelant que les référendums négatifs sur le projet de Constitution européenne ou sur le Traité de Lisbonne étaient fondés sur la méconnaissance de la réalité de l’Europe et sur les mensonges de ses adversaires. Cet ouvrage aurait pu influencer les résultats s’il avait existé auparavant, et pas seulement dans une langue. L’auteur fait partie des protagonistes de la construction européenne (elle a été conseillère du président de la Commission européenne, préside la section française du Mouvement européen, a été élue députée européenne), mais elle critique et combat les lacunes de l’Europe et n’hésite pas à utiliser les armes de l’humour et de l’ironie.

Clarification, simplification, enthousiasme ; l’Europe en a bien besoin. (F.R.)

© Agence Europe

 

Europe : Amour ou chambre à part ? collection Café Voltaire aux éditions Flammarion.

9782081311695_EuropeAmourOuChambreAPart_cv.inddL’Europe ne se résume pas à la crise de la zone euro ; si celle-ci traverse des difficultés, une Europe vivante, organisée, au service de la paix et du bien-être des hommes demeure un magnifique projet. Encore faut-il sortir de la crise et redonner aux Européens l’envie d’y participer. C’est pourquoi ce livre tire un signal d’alarme et appelle à un sursaut : la démolition de l’Union européenne doit cesser, ainsi que l’indifférence et le mépris qui entourent la construction d’une démocratie supranationale, fondée sur un Parlement élu au suffrage universel direct.

L’enjeu des élections européennes de 2014 est là : faire l’Europe enfin au lieu de la confisquer dans une Europe des Etats, inefficace, peu légitime et en décalage avec notre siècle. On ne peut pas demander aux Européens de travailler ensemble, de se faire confiance, de s’aimer en les obligeant à faire « chambre à part ».

« L’Europe périt faute de soins ; elle est assassinée à coups de médiocrité et de nationalisme à courte vue ».

Certains se trompent de diagnostic : « en cherchant refuge dans le giron des Etats nations [largement responsables du désastre économique et social ambiant], les Européens [souverainistes] se comportent comme des petits enfants maltraités par leurs parents qui, en vain, cherchent
consolation auprès d’eux ».

A la faveur de la crise, les chefs des Etats ou des gouvernements des différents pays ont pris le pouvoir en Europe, créant un « trou noir » démocratique : « chacun est légitime dans son pays mais aucun d’entre eux n’a jamais reçu mandat pour régenter les peuples voisins », sans débat public. Collectivement, ils ne rendent de compte à personne, au mépris de la séparation des pouvoirs. Quoiqu’élus au suffrage universel direct, « les députés européens en sont réduits à suivre les sommets de loin, comme les vaches regardent passer les trains ».

L’ersatz européen actuel n’a pas grand-chose à voir avec le projet des origines qui visait à « unir les hommes » et reposait sur des institutions indépendantes et des règles protégeant les faibles contre les plus puissants. C’est la condition sine qua non d’un partage de souveraineté qui ne soit pas un abandon. En niant cette nécessité, nos dirigeants ont réveillé la peur de l’Allemagne.

La légende selon laquelle les intérêts nationaux sont bien défendus par l’implication personnelle du Président de la République, ne résiste pas à l’examen : ce n’est vrai ni pour la gestion de la crise (chaotique), ni pour l’adoption du budget (pathétique). Ces méthodes aboutissent à émietter le pouvoir de décision (par exemple à perpétuer le secret bancaire ou la concurrence fiscale à la demande de pays qui représentent une minorité de la population européenne).

Il n’y a aucune raison de tolérer ces extravagances, ni d’accepter que les dirigeants nationaux s’accaparent l’Europe sans être capables de l’incarner, ni d’assurer sa crédibilité internationale. Les citoyens acceptent curieusement de se soumettre à une servitude volontaire, d’autant plus insupportable qu’une partie des soi disant « élites » nationales défend en réalité ses petits intérêts immédiats contre l’intérêt général.

Le changement d’échelle est rendu nécessaire par l’évolution du monde qui menace les pays européens d’insignifiance ; l’ampleur du bouleversement actuel n’est pas assumée par les classes dirigeantes nationales ; les institutions de la Cinquième République accroissent l’illusion en confiant au Président la défense de « l’indépendance nationale ». La question clé est au contraire de gérer l’interdépendance.

Les souverainistes ne proposent rien de sérieux à l’heure où, dans bien des domaines, la souveraineté de l’Etat, sur un territoire donné, s’évanouit à cause des nouvelles technologies (sites Internet mobiles, libre circulation des capitaux) ou de la nature des défis (changement climatique, augmentation de la population mondiale). « L’Europe des patries est une formule sans substance destinée à éviter que la question soit posée » (Furet).

Les patriotes font de beaux discours à « l’arrière » ; on les voit peu sur le « front » européen et mondial. « A Paris règne un souverainisme de dîners en ville » pour ne pas dire un certain provincialisme.

« Les nationalistes béats sont heureux d’être nés quelque part. Avec l’Union européenne, nous pouvons être plus fiers encore d’avoir bâti quelque chose ».

La monnaie unique n’est pas une fin en soi. Elle appelle bien plus que les bricolages actuels. Elle suppose la création d’une puissance publique qui ne peut être qu’une démocratie européenne.

Or la France n’a jamais eu de stratégie par rapport au Parlement européen : elle se bat pour conserver son siège à Strasbourg mais les partis y envoient certaines personnalités peu aptes à exercer cette fonction ; les autorités nationales, trop souvent, le foulent aux pieds. D’où le caractère déplacé des larmes de crocodile sur l’abstention aux élections européennes…

Les citoyens se désintéressent aussi de l’Europe parce que le Parlement européen n’a pas de pouvoir d’initiative, pas de pouvoir budgétaire, il ne contrôle pas le véritable exécutif. On lui reproche donc souvent de ne pas faire usage de prérogatives qui ne lui ont jamais été données. Et dans le domaine législatif où il possède un certain pouvoir, il travaille encore trop souvent « dans la clandestinité ».

La France a un rôle particulier à jouer car la Communauté européenne a été imaginée dans ce pays (Monnet, Schuman) et que nous nous trouvons à la charnière entre le nord et le Sud. Si l’Europe des Etats se consolide, elle paiera très cher son décrochage avec l’Allemagne qui exercera seule le leadership.

La demande allemande de contrôle accru des décisions européennes est parfaitement légitime ; nous devrions accepter le degré d’exigence allemand, au niveau européen ; mais il serait gravissime de laisser les instances allemandes (Bundestag, Cour constitutionnelle, Bundesbank) l’assurer pour le compte de l’Europe.

Une partie du malentendu franco-allemand consiste, pour les Français, à craindre le retour de l’Allemagne totalitaire et instable d’avant guerre, et pour les Allemands, à redouter la destruction de l’Allemagne, démocratique et stable, d’après-guerre.

Les Français ont peur du fédéralisme. Craignent-ils le mot ou la chose ? Ce n’est qu’un mode d’organisation politique adapté au gouvernement d’ensembles complexes. Le concept de « République européenne » qui commence à se développer, serait plus adapté.

Charles Consigny – on nous ment ! – Par Charles Consigny, Le Point, 18/01/2014

« L’Europe et la France méritent mieux que des bras cassés au Parlement européen » – Par Anne brigaudeau, Francetv Info, 03/01/2014

« Europe : une élection test » – Propos recueillis par Yves Durand, Le Courrier de l’ouest – 02/12/2013

A lire : Europe : amour ou chambre à part ? – Par Marianne Meunier, La croix, 12/11/2013

Le gros chagrin des proeuropéens – Par Alain Frachon, Le Monde, 18/10/2013

L’eurodéprime de Sylvie Goulard – Le Figaro, 17/10/2013

L’eurodéputée Sylvie Goulard : « A quoi bon aller siéger encore ? » – Par Ludovic Lamant, Mediapart, 08/10/2013

Élections 2014 : le PE : poubelle de la vie politique nationale, pour Sylvie Goulard – Europolitique, 30/09/2013

2014 european eclections : EP seen as « rubbish bin of national politics », Goulard – Europolitics, 30/09/2013

Robert Schuman, réveille-toi, ils sont devenus fous ! – par Franz-olivier Giesbert, Le Point, 26/09/2013

« Europe : amour ou chambre à part ? » par Mme Sylvie Goulard – La Correspondance économique, 23/09/2013

Interview :  » Les Etats oeuvrent dans le sens contraire de l’Europe » – Propos recueillis par Nathalie Mauret, DNA, 21/09/2013

Pourquoi l’Allemagne a pris les manettes du Parlement européen – Par Ludovic Lamant, Mediapart, 19/09/2013

Europe : amour ou chambre à part, Sylvie Goulard – Par Claire Versini, Le Taurillon, 19/09/2013

On en parle à Bruxelles : « On ne demande pas à la dinde de préparer Noël » – Par Florence Autret, La Tribune, 19/09/2013

Pour une révolte des « petits » États européens – La Tribune de Genève, 19/09/2013

Deux dangers pour l’Europe – Par Alfred Grosser, La Croix, 18/09/2013

 

De la Démocratie en Europe… Voir plus loin

couverture-democratie-en-europe_frEn librairie, en France et en Italie, le livre que Mario Monti et Sylvie Goulard ont rédigé ensemble sur la démocratie en Europe.

Les Européens voudraient être aussi forts que si l’Europe était unie, conserver autant de souveraineté nationale que si elle ne l’était pas.

Cette contradiction est devenue intenable. Car, au-delà des dérives de la finance et de l’endettement, la crise a révélé l’ampleur de l’interdépendance et les failles de la démocratie en Europe. D’où l’intérêt de relire Tocqueville. Selon lui, depuis des siècles, la marche vers l’égalité est irrésistible : elle invite à créer, par le libre concours des volontés, une démocratie par le peuple, où les Européens choisiraient ensemble ceux qui les dirigent, et pour le peuple, au service du bien-être de tous.

Ce livre propose de substituer la connaissance de nos intérêts aux instincts plus aveugles, de découvrir les affinités profondes qui lient les Européens, de retrouver confiance. Pour sortir l’Europe de la crise, il faut « voir plus loin ».

Gli europei vorrebbero essere forti come se l’Europa fosse unita, ma senza cedere neanche una parte della propria sovranità nazionale, come se l’Europa unita non esistesse affatto. Questa contraddizione è diventata inaccettabile. Le derive della finanza e l’indebitamento sono solo un aspetto della crisi economica, che ha fatto emergere in tutta la loro ampiezza l’interdipendenza e le fratture che caratterizzano la democrazia in Europa. Anche per questo è istruttivo rileggere Tocqueville, autore di un’opera capitale sulla democrazia in America. Per Tocqueville, da secoli, il cammino verso l’uguaglianza è inarrestabile. È un processo che porta a costruire, per mezzo del libero concorso delle volontà, una democrazia che sia opera del popolo, in cui gli europei possano scegliere insieme i loro governanti, e al tempo stesso al servizio del popolo, cioè finalizzata al benessere di tutti. Questo libro invita ad anteporre la retta comprensione dei nostri interessi agli istinti più ciechi, a scoprire le profonde affinità che legano gli europei, a ritrovare la fiducia in noi stessi. Ricordando che per guidare l’Europa oltre la crisi occorre « guardare lontano ».

Sylvie Goulard è deputata europea e fa parte della commissione per gli Affari economici e monetari. Ha lavorato per il ministero degli Esteri francese e con Romano Prodi, presidente della Commissione europea.

Mario Monti è presidente del Consiglio e senatore a vita. Economista, è stato presidente dell’Università Bocconi e membro della Commissione europea.

Too many barriers stand in the way of any real thinking about Europe: prejudice, institutional rivalries and nationalism skew judgement. Hence the idea for this co-authored book, transcending national borders; combining the analysis of a former European Commissioner, who later became a head of government and member of the European Council, with a Member of the European Parliament. The aim of this book is to think about Europe in a genuine European perspective, embracing a wider horizon in the longer term, whilst always keeping the future of the next generations at the forefront. Far from being a unifying element, the Euro has become a cause for discord. The time has come for Europeans to ask themselves if they would be ready to witness the end of a united Europe. We do not believe that for European countries today a national path still exists: globalisation and the IT revolution are irreversible. If we wish to keep the Euro, co-ordination of national policies is not sufficient. Sharing the same currency not only requires each nation to act responsibly in its own country, but also that common policies are put in place which favour growth and innovation, and with a greater focus on fairness… Read the Summary « Democracy in Europe »

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30 janvier 2013, Bruxelles, Palais des Beaux-Arts

Après avoir présenté leur livre à Bruegel en décembre Sylvie Goulard et Mario Monti étaient de retour à Bruxelles pour un débat exclusif sur la démocratie en Europe. Une fois la discussion introduite par Guy Verhofstadt, ils ont été rejoints par Daniel Cohn-Bendit et Béatrice Delvaux. Etienne Davignon s’est chargé de la conclusion. Plus d’infos.

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9 janvier 2013, Rome, Festival Libri Come,

Présentation du livre De la démocratie en Europe Le 9 janvier 2013, Rome, Festival Libri Come, Parco della Musica à 21 h, Présentation du livre « De la démocratie en Europe » : Sylvie Goulard et Mario Monti ont discuté avec Stefano Folli et Paolo Mie.

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9 janvier 2013, le Quirinal

Le Président de la République italienne, Giorgio Napolitano, grand Européen, ancien Président de la Commission constitutionnelle du Parlement européen, nous a fait l’honneur de nous recevoir à l’occasion de la présentation du livre à Rome. Cette rencontre a été l’occasion d’un échange aussi détendu qu’approfondi sur les thèses contenues dans notre ouvrage.

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17 novembre 2012, Conférence de Sylvie Goulard et Mario Monti à Università Bocconi à Milan

La salle était comble. Le débat, animé par Ferruccio de Bortoli, le directeur du journal Corriere della Sera et Fedderico Fubini, journaliste économique du même quotidien, a été très vivant comme en atteste la vidéo.

Dans un échange assez amusant, alors que j’expliquais mes réserves face aux propositions tendant à faire des élections européennes le moment où serait choisi le Président de la Commission européenne (issu de la mouvance ayant obtenu la majorité), Mario Monti a cherché à me faire dire que je refusais pour l’Europe « l’étrange majorité » qui est la sienne en Italie. Ce à quoi j’ai répliqué qu’il… n’était pas élu (« ma Lei non è eletto ») ; sous-entendu : il n’avait pas dû faire campagne en se prévalant d’une majorité hétéroclite. A ma courtoise impertinence, il a répondu, non moins courtoisement, merci de me le rappeler. Le fait que le Premier ministre n’ait jamais été élu et soit à la tête d’une majorité d’union nationale est en effet en Italie, un sujet très sensible.

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12 novembre 2012, Conférence de Sylvie Goulard et Mario Monti à Paris

Sylvie Goulard et le Président du Conseil Italien Mario Monti ont présenté leur ouvrage commun « DE LA DÉMOCRATIE EN EUROPE. Voir plus loin. », dans l’amphithéâtre Emile Boutmy de Sciences Po Paris. Plusieurs personnalités politiques ont fait le déplacement ; de nombreux étudiants étaient également présents.

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C’est un fragment de la fresque, l’apothéose de St Ignace, de l’Eglise Sant’Ignazio a Campo Marzo, à Rome (construite sur les plans de Carlo Maderno, réalisée par le Jésuite Orazio Grassi). Elle a été peinte par Andrea Pozzo, peintre jésuite (1685).

Ce fragment représente l’Europe ; la fresque comporte aussi des allégories de l’Amérique, l’Asie et l’Afrique.

Sa signification ? Elle nous a plu, telle est la raison de notre choix. C’est un hommage à la beauté, à la culture européenne qui change un peu des « enlèvements d’Europe » inspirés de la mythologie grecque.

Dans notre livre De la démocratie en Europe[1], Mario Monti et moi-même prenons position, à titre personnel, en faveur de la création à Strasbourg d’une sorte de « Collège de France européen » qui serait conçu comme un centre permanent de débats intellectuels et de formation aux questions européennes. Ce centre serait installé dans les locaux du Parlement européen libérés par le transfert à Bruxelles du siège du Parlement.

Cette proposition appelle quelques précisions, la question du siège du Parlement européen étant en général mal posée. Elle consiste en effet le plus souvent à opposer des arguments qui ne se situent pas au même plan, sans chercher à faire la part de ce qui, dans les deux positions, pourrait être intelligemment combiné.

Les partisans de Strasbourg ont raison d’invoquer l’histoire et le symbole. Rappeler les origines de la construction européenne – la volonté de réconciliation franco-allemande – aide à comprendre le sens profond de l’unification européenne. Cette pédagogie doit être sans cesse renouvelée, notamment pour les populations des pays qui ont rejoint l’UE sur le tard et pour les jeunes générations. Les étudiants d’aujourd’hui sont nés après la chute du mur de Berlin. Les évènements tragiques du XXème siècle leur semblent de plus en plus lointains.

Mais les symboles ne peuvent être assénés, ni défendus à coups de recours devant la Cour de justice. La plus belle réussite de la réconciliation franco-allemande et de l’intégration européenne consiste justement dans la consolidation de la démocratie européenne, dans l’émergence d’un Parlement européen souverain. En Allemagne, après l’unification, c’est le Bundestag qui a choisi la capitale et non l’exécutif qui a contraint l’assemblée parlementaire.

C’est pourquoi de grands acteurs de la relation franco-allemande comme Alfred Grosser ou Dany Cohn-Bendit par exemple, ne sont pas favorables au maintien du siège à Strasbourg.

Les partisans de Bruxelles ont raison de souligner que la transhumance des députés européens nuit à l’image de l’Europe dans l’opinion. Les arguments tirés du coût et de l’efficacité sont légitimes, aussi longtemps qu’ils ne tournent pas au populisme. Certains propos « anti-Strasbourg » relèvent moins de la rationalité économique que d’un ressentiment anti-français ou anti-allemand voire anti-franco-allemand. Il est du reste assez amusant de relever que l’ardeur de certains à rationaliser les coûts s’arrête lorsqu’il est question de déplacer des agences ou autorités qui se trouvent sur le territoire du pays dont ils sont originaires. La création des autorités de supervision financière en a donné un bel exemple : l’idée de déplacer l’autorité bancaire de Londres à Francfort, auprès de la BCE, n’a pas été soutenue par ceux-là mêmes qui crient le plus fort contre Strasbourg.

D’où l’idée d’une démarche qui combine 2 aspects :

  • Créer à Strasbourg un centre permanent de pédagogie européenne qui réponde au besoin d’expliquer l’Europe ; les locaux seraient ainsi utilisés intelligemment et la vocation européenne de Strasbourg confortée ;
  • Déplacer le siège à Bruxelles en contrepartie du versement de dix années de budget actuellement alloué aux sessions à Strasbourg, pour solde de tout compte, et au profit d’une fondation ayant vocation à organiser ces sessions pédagogiques, ainsi que d’un réexamen du siège de toutes les institutions, agences, autorités, dans une optique de rationalisation.

[1] Flammarion, 2012, La democrazia in Europa, RCS

 

Le Grand Turc et la république de Venise, Fayard 2004

Turc9782213628240Avant-propos de Robert Badinter, Paris, Fayard, 2004. Cet ouvrage a été couronné par le Prix du livre pour l’Europe 2005. Nouvelle édition octobre 2005.

Le titre est tiré de l’Avare de Molière où un personnage féminin, sur un ton de défi, prétend pouvoir marier le Grand Turc et la République de Venise, symboles de deux entités incompatibles.

Il renvoie aussi au déclin de la république de Venise qui n’a pas su s’allier aux autres Etats italiens afin de répondre à la « globalisation » des grandes découvertes.

Le livre comporte un avant propos de Robert Badinter, Sénateur, ancien Garde des sceaux, ancien Président du Conseil constitutionnel.

Introduction

• Le désarroi des opinions publiques et des élites européennes a été sensible lors des élections européennes de juin 2004 marquées par un fort taux d’abstention. En France, tout particulièrement, il y a une immense frustration sur la manière dont a été décidé l’élargissement aux Dix.

• La question de l’adhésion turque est perçue comme un « secret de famille » honteux : personne n’a su ce qui avait été décidé à Helsinki en 99 ; les gouvernements n’ont rien expliqué et cherchent parfois à gagner du temps ; la plupart des responsables tiennent un double langage. Pour le peuple, « on nous cache quelque chose »

Chapitre 1er : Entre promesses et non dits

• Retour en arrière sur la pseudo « promesse » ; les différences entre 1963 et aujourd’hui (de la CEE à l’UE ; guerre froide terminée) ; il y a « changement fondamental de circonstances »

• La justification par la « géostratégie » post 11 septembre (à la Fischer) est fragile : la subsidiarité doit commander la prudence car in fine, ce seront les Etats et les collectivités locales qui devront assumer les conséquences de l’entrée de la Turquie dans l’UE (intégration scolaire, hôpitaux, égalité hommes-femmes) ; grosses difficultés de nos sociétés à intégrer les musulmans. Ou alors refus scandaleux de leur reconnaître la libre circulation qui est l’une des 4 libertés du traité de Rome ; on ne vend plus l’UE mais une coquille vide.

Chapitre 2 : La démocratie bafouée

• L’UE ne peut pas prétendre « exporter » la démocratie sans la respecter elle même. La procédure suivie est non démocratique : la Commission rend un rapport dit technique, sous la responsabilité d’un Commissaire qui ne cache pas où il veut arriver. Ensuite, le Conseil européen ouvre les négociations sans décision préalable des peuples européens. In fine, le traité d’adhésion sera présenté comme « à prendre ou à laisser » et de préférence à prendre, sinon ce sera de nouveau la menace odieuse du « choc des civilisations ». C’est faire l’Europe en jouant seulement sur la culpabilité des citoyens européens ; ce temps est révolu.

• En France Jean-Marie Le Pen, en 2002, a été au deuxième tour des élections présidentielles, il ne faut pas jouer avec le feu : faire une adhésion turque « en douce », sans débat, c’est courir le risque de précipiter vers les extrêmes des gens qui se sentent légitimement mal informés. Différence majeure entre la France et l’Allemagne de ce point de vue. La convergence franco-allemande, sur la Turquie, est fragile car en France, seul Jacques Chirac y croit, pas même l’ensemble de l’UMP. Le PS est partagé.

Chapitre 3 Contre le choc des civilisations ?

• L’UE n’a pas à prouver qu’elle n’est pas un club chrétien ; la question religieuse ne doit jouer, ni dans le sens de l’exclusion (l’UE est neutre et comporte des millions de musulmans, juifs, athées etc), ni dans le sens de l’adhésion forcée (cette adhésion ne règlera pas tous nos problèmes avec l’islam). La Turquie n’est pas tout l’islam ; il y a le problème des pays comme le Maroc (modéré, et tentant des réformes courageuses pour les femmes par exemple). Grosses difficultés prévisibles en France avec le Maghreb ou alors, la seule alternative est l’élargissement sans fin…

• L’UE c’est la chrétienté + les Lumières (et le judaïsme + les Lumières) ; l’islam n’a pas fait ce parcours. Les inexactitudes abondent sur la « laïcité turque » alors qu’État et religion ne sont pas séparés dans ce pays. Commission et États membres sont trop laxistes sur ce sujet : pour paraphraser François Mitterrand, les persécutions sont en Turquie, les scrupules en Occident (voir le rapport de la Commission 2003) ; idem sur le génocide arménien : refus scandaleux de regarder le passé.

• La question des femmes est objectivement considérée comme secondaire par la plupart des analystes, Commission comprise (rapport 2003) ; pourtant le rapport 2004 d’Amnesty international est horrifiant ; il faut débattre de la question de la laïcité dans l’UE (thème vital pour la France). Qui se reconnaîtrait en Mme Erdogan, voilée, en visite d’Etat dans un autre Etat membre ?

Chapitre 4 Quand les moyens font défaut

• Absence de réforme institutionnelle préalable, exacerbation de la différence grands/petits, perte de confiance dans les institutions dominées par un pays difficile à assimiler … Tout cela freinera le passage au Vote à la Majoritée Qualifiée et pourrait signifier la fin de l’Union politique.
• Absence de financement à la hauteur des prétentions de « stabilisation »
•  Problème de corruption en Turquie : 77 ème rang de Transparency international (chiffres 2004)

Chapitre 5 La France au secours de l’UE

• Appel à la crise, déclenchée par la France pour sauver une certaine conception de l’UE, d’ici décembre 2004 (date à laquelle la décision doit être prise par le Conseil européen de poursuivre le processus menant à l’adhésion).
• Nécessité de décider de manière souveraine / USA ; l’ingérence de George W Bush à Istanbul était intolérable.
Conclusion : L’UE est à un moment clé de son destin ; comme la République de Venise, opulente, elle peut disparaître, faute d’avoir réagi à la « globalisation » de son temps, faute d’avoir su bâtir des coopérations avec les villes voisines. La question dépasse largement celle de l’adhésion turque : c’est la survie de l’UE communautaire qui est en jeu.

Une version mise à jour et complétée est sortie en 2005.

Le Coq et la perle, 50 ans d’Europe, Le Seuil, février 2007

coqetlaperleUn essai sur l’Europe qui explique la méthode communautaire et appelle les Français au sursaut européen.

Le titre de l’ouvrage est emprunté à une Fable de La Fontaine qui raconte l’histoire d’un Coq qui trouve une perle et l’échange contre un grain de mil de bien moindre valeur ; en 2005, les Français et les Néerlandais ont fait un choix similaire ; ils ont rejeté le traité constitutionnel, révélant que le malaise des Européens est profond : quelle est la raison d’être de cette Union qui n’unit guère et a doublé le nombre de ses membres en dix ans ? Nul ne le sait plus. Que s’est-il notamment passé en France, pays fondateur ?

Pour sortir de l’impasse actuelle, l’idée de ce livre est de prendre du champ. Dans le fond, d’où sommes-nous partis et quelle Europe unie avons-nous réalisée? Ce livre redonne la parole à ceux qu’il est convenu d’appeler les « pères fondateurs » dont la pensée est méconnue aujourd’hui. Ce sont notamment Jean Monnet, Robert Schuman, Paul-Henri Spaak, Konrad Adenauer, Alcide de Gasperi, Walter Hallstein, Robert Marjolin, Altiero Spinelli.

A la lecture de leurs écrits, l’erreur des dernières années saute aux yeux : l’Union européenne est exactement retombée dans l’ornière dont ils ont voulu sortir l’Europe. Elle a négligé leur enseignement, leur méthode de travail. Rares sont les hommes politiques qui pensent et agissent en Européens. Plus personne ne se sent responsable de l’intérêt commun. Plus personne n’explique les vertus, ni n’assume les contraintes de l’intégration.

D’indifférence en négligences, la démolition du projet communautaire, délibérée chez certains, inconsciente chez d’autres, est en cours. Le nationalisme, la petitesse, l’égoïsme, les réflexes protectionnistes reviennent en force. Comme sous la restauration au XIXème siècle, c’est une véritable « réaction » qui est en route. Les « ultras » de l’Etat Nation, les hommes des anciens schémas de pensée, les chauvins, nient la révolution communautaire. Ils sont en train de gagner la partie. L’Europe se fait au ras des pâquerettes, par à coups, sans moyens, sans hauteur de vue. Obsédés par la quête d’avantages immédiats ou la défense de situations acquises, les Européens ne voient plus le trésor qu’ils possèdent.

Rien, dans ce constat, ne doit nous désespérer. Nos aînés nous ont légué une extraordinaire innovation. Aussi longtemps que leur méthode de coopération a été correctement appliquée, elle a fait ses preuves. Depuis que nous nous en sommes éloignés, l’intégration marque le pas. Les difficultés actuelles sont donc passagères et réversibles : il suffira de se remettre enfin à faire l’Europe sérieusement pour que l’élan revienne.

Le dessein de ce livre est de mettre en lumière les zones laissées dans l’ombre. Il n’apporte pas de réponse toute faite mais cherche à susciter la réflexion, à rappeler les rudiments si souvent oubliés. En donnant aux électeurs quelques clés pour distinguer les authentiques Européens des marchands d’illusions, il prépare le rebond. L’Europe est une trop belle idée pour la laisser mourir.

 

Plan du livre

– le chapitre 1er démonte l’argumentation des adversaires de l’Europe unie selon lesquels l’Europe était intravertie et qu’elle doit désormais s’adapter à la mondialisation ; la lecture des pères fondateurs dément catégoriquement cette affirmation. Leurs ambitions étaient d’ordre « civilisationnel ». Conscients des évolutions du monde, ils voulaient défendre les valeurs et les intérêts européens, permettre à l’Europe de « contribuer à un monde meilleur ».

– Le chapitre 2 montre à quel point l’Europe communautaire est une révolution passée inaperçue ; ses institutions ne sont pas nées par hasard ; elles sont le fruit d’une méditation sur les erreurs commises après la première guerre mondiale.

– Le chapitre 3 détaille les principes fondateurs de l’Europe unie ; celle-ci nécessite un effort de compréhension mutuel, un sens du sacrifice pour étayer la solidarité et la création de la confiance par delà les frontières.

– Au chapitre 4, sont évoquées les caractéristiques principales de la « méthode communautaire » : l’abandon de l’unanimité et le recours au vote majoritaire pour prendre des décisions, l’équilibre entre les Etats les plus peuplés (les grands) et les moins peuplés (les petits) ; l’échec des ersatz à cette méthode est patent (stratégie de Lisbonne par exemple).

– Dans le chapitre 5, les rapports de la France et de l’Europe sont analysés ; handicapée par sa conception de l’égalité, son refus de faire la différence entre Etats-Unis et URSS, aveuglée par la puissance, la France est l’Etat qui entretient avec l’Europe les relations les plus complexes, à la fois les plus étroites et les plus violemment négatives. Certains traits français sont cependant tout à fait salutaires pour le développement européen : la sensibilité aux questions culturelles, le refus d’une mondialisation sans règles et même un certain volontarisme…

– Enfin, la conclusion consiste à inviter l’Europe à retrouver le sens de l’intérêt commun, à réfléchir à son identité et à oser, si nécessaire, recourir à une avant-garde qui ne simplifiera pas tous les problèmes.

La conclusion est empruntée à Monnet : quelles que soient les difficultés, il faut continuer.

« Le Coq et la perle » de Sylvie Goulard a été retenu pour la finale du prix européen du livre, avec deux autres ouvrages, les « Etats-Unis d’Europe de Guy Verhofstatd et de Josep M. Colomer « Grandes imperios, pequenas naciones ». La remise du prix a eu lieu le 5 décembre au soir à Bruxelles. Au départ, une soixantaines de livres (essais mais aussi romans) publiés dans diverses langues européennes, avaient été sélectionnés. C’est Guy Verhofstadt, Premier ministre belge, qui l’a emporté.

Le premier « Prix du livre européen » a été attribué, mercredi 5 décembre, à Guy Verhofstadt pour son essai « Les Etats-Unis d’Europe », lors d’une cérémonie au Parlement européen pendant laquelle ont pris notamment la parole Jacques Delors, José Manuel Barroso, Hans-Gert Pöttering et Jean-Marie Cavada. Lire la suite

Europa fehlt der Ruck
Fiche de lecture de  » Le Coq et la Perle  » de Sylvie Goulard rédigée par Jeanne Rubner, Journaliste, pour le Süddeutsche Zeitung, le lundi 15 octobre 2007. Lire la suite

Le point d’Alain Duhamel
Le coq français et la perle européenne
12 avr 2007 – Alain Duhamel – © Le Point
Le paradoxe le plus baroque de cette campagne présidentielle tient à l’absence assourdissante de l’enjeu européen dans le débat. Il y a moins de deux ans, la France entière se passionnait pour le référendum sur les institutions européennes, la participation électorale grimpait en flèche et le non tricolore retentissait comme un tocsin à travers les vingt-cinq Etats membres de l’Union.
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Référence au livre Le coq et la perle
 » Journal du Dimanche  » du dimanche 18 mars 2007  Lire la suite

Fiche de lecture, Le coq et la perle
 » L’agence Europe  » du mardi 13 mars 2007 Lire la suite

Article sur  » le coq et la perle « 
 » Le Monde  » du Mardi 13 février 2007
Contre une Europe tiède et résignée Lire la suite

Fiche de lecture  » Le coq et la perle « 
 » Sud Ouest  » du Lundi 12 février 2007
« Une adresse à ceux qui font l’Europe sans y croire »  Lire la suite

Fiche de lecture
 » Ouest-France  » du Samedi 3 février 2007
Le coq gaulois et la perle Europe, Essai de Sylvie Goulard Lire la suite

Fiche de lecture  » Le coq et la perle  »
 » AFP  » du Jeudi 01 février 2007
Dépêche Lire la suite

 

Ouvrages collectifs

 

 

Note bleue de la Fondation Schuman n°38, sortie le 6 décembre 2006.

livre2Le partenariat privilégié, alternative à l’adhésion,

Ce livre est le fruit d’un travail collectif que j’ai animé et qui a rassemblé des Européens convaincus, de toutes sensibilités et d’origines diverses, pour lesquels j’ai beaucoup d’estime.

Rudolf Scharping, ancien ministre fédéral de la défense et ancien candidat à la Chancellerie (SPD) ; à l’époque où le Chancelier Schröder se prononçait fortement pour l’adhésion, en invoquant notamment des arguments stratégiques, il est intéressant que son ancien ministre de la défense ait contesté ses thèses, au nom de l’Europe ;

Karl Theodor Freiherr zu Guttenberg (CSU), à l’époque député au Bundestag et l’un des bons connaisseurs des questions internationales du camp chrétien démocrate, dans la jeune génération ; entretemps il est devenu ministre de l’économie du gouvernement Merkel ;

Pierre Defraigne, ancien directeur de cabinet de Pascal Lamy à la Commission européenne ; un grand haut fonctionnaire, aujourd’hui directeur d’une fondation qui œuvre à Bruxelles pour nourrir le débat d’idées (Fondation Madariaga) ;

Carlo Altomonte, économiste, professeur à l’Université Bocconi de Milan ; Carlo a rédigé les passages très éclairants sur le risque de voir monter les inégalités en Europe ; à la lueur de la crise, cette analyse se révèle hélas tout à fait exacte ;

Lucas Delattre, ancien journaliste, correspondant du Monde en Allemagne, puis directeur du Bureau du Conseil de l’Europe à Paris ; il nous a aidé à mesurer combien l’action du Conseil de l’Europe en matière de droits de l’homme et de libertés fondamentales offre des garde-fous pour le cas où la Turquie n’adhèrerait pas à l’UE.

Cet ouvrage est né d’une idée simple : sortir des polémiques autour de l’adhésion éventuelle de la Turquie à l’UE afin de faire connaître en France le travail important – et unique à ma connaissance – qu’avait effectué Karl Theodor zu Guttenberg pour donner un contenu précis et concret à une alternative à l’adhésion de la Turquie à l’UE. Nombreux sont ceux qui, de manière générale, ont évoqué un partenariat mais rares sont ceux qui ont pris la peine d’étudier les traités pour déterminer, matière par matière, et dans un esprit positif, en quoi il peut consister.

On peut y demeurer hostile mais ce livre prouve que ce n’est pas un lot de consolation, ni une coquille vide. Il nous est apparu important de sortir du raisonnement du « tout ou rien », l’adhésion ou le chaos qui, trop souvent, domine les débats. Nos rapports avec ce pays important, héritier d’une grande histoire et appelé à jouer un rôle majeur dans la région, sont stratégiques ; nous devons éviter qu’un éventuel refus ou un report de l’adhésion, ne déclenche des spirales négatives.

Entre les membres de ce groupe, il n’y avait pas accord unanime ; certains étaient plutôt partisans de l’adhésion ou du moins souhaitaient que le processus se poursuive. D’autres étaient plus réticents et préféraient un partenariat mais chacun a joué le jeu consistant à discuter, sans tabous, des aspects positifs et négatifs, pour l’UE et le pays candidat, des différentes options. Ce type de discussion par delà les frontières est hélas trop rare en Europe.

Le livre affirme qu’une approche constructive, sincère est préférable aux non dits actuels. Il détaille pourquoi l’adhésion de la Turquie poserait des questions institutionnelles, budgétaires et surtout économiques et sociales qui doivent impérativement être réglées d’une manière ou d’une autre. Il tente de proposer des solutions alternatives dont on peut naturellement débattre mais qui méritent d’être regardées de près, surtout quand l’UE se débat toujours dans sa réforme institutionnelle et ses doutes internes.

 

 

TNS Sofres Contribution à l’ouvrage collectif L’état de l’opinion, chapitre sur « L’Europe après le non »

 

Die Krise demokratisch überwinden / A democratic Solution to the Crisis, Nomos, Septembre 2012

Die-Krise-demokratisch-uberwindenCet ouvrage est le fruit d’une initiative que j’ai prise en 2011 et qui a pu aboutir à l’été 2012. Ayant eu la chance d’être invitée à m’exprimer sur l’Europe à l’université Humboldt, j’ai proposé au professeur Pernice de faire travailler des jeunes chercheurs de la prestigieuse faculté de droit de Berlin, sur la légitimation démocratique de l’UE. La question étant extrêmement importante pour l’opinion publique allemande, les Allemands ayant mis en place depuis 1949, une démocratie exemplaire et une Cour constitutionnelle puissante, j’ai eu envie de lancer ce dialogue.

Trop souvent, à Paris, la sincérité de la demande allemande est mise en doute. Personnellement, je ne le crois pas. Le souci de conserver ce qui a été durement acquis, explique largement l’attitude allemande. Ceci posé, il est clair que l’Allemagne ne peut prétendre imposer à des pays qui ont d’autres traditions et d’autres expériences historiques, le système qui a été conçu en république fédérale. En tout cas, quelques efforts mutuels pour mieux se comprendre sur le plan technique – nos régimes juridiques étant assez différents – mais aussi et surtout émotionnel, psychologique, ne sont pas de trop.

Je ne remercierai jamais assez Ingolf Pernice, Européen convaincu, d’avoir joué le jeu avec persévérance et amitié. L’équipe des chercheurs, animée par Mattias Wendel, Lars Otto, Kristin Bettge, Martin Mlynarski, Michael Schwarz était de première qualité. Nous avons eu la chance d’organiser un séminaire d’une jour avec Juergen Habermas Zur Verfassung Europas (La constitution de l’Europe) auquel ont participé Jan Philipp Albrecht, Peter Altmaier, Giuliano Amato, Jörg Asmussen, Jean-Louis Bianco, Judith Hermes, Peter M. Huber, Axel Schäfer, Guy Verhofstadt.

Toute l’équipe est venue présenter ses réflexions au Parlement européen en juin 2012.

Voici le fruit de ces travaux, qui ne prétendent pas être plus qu’une contribution au débat mais qui cherchent à nourrir le dialogue entre nos deux pays, en lien avec les autres Européens.

Keine Frage kann Deutschland und Frankreich mehr auseinanderdividieren als die der Verfassung Europas: der Staat wird in beiden Ländern auf andere Weise wahrgenommen, das Recht auf andere Weise respektiert, die Wirtschaft auf andere Weise verwaltet. Die Geschichte hat unterschiedliche Spuren hinterlassen. Und etwas Auseinandersetzung gefällt den meisten Menschen. Keiner ist Nationalist, nein, sicherlich nicht. Solange die Grande Nation herrscht bzw. solange am deutschen Wesen die Mitglieder der ganzen Eurozone genesen…

Dennoch müssen wir gemeinsame Lösungen finden, damit der Euro weiterbesteht und damit jenseits der Wirtschaft das phantastische Projekt der friedlichen Einheit des Kontinents nicht ins Stolpern gerät.

Deswegen bin ich auf die Idee gekommen, mit Juristen der berühmten Humboldt- Universität eine gemeinsame Arbeit aufzunehmen. Meinen Beitrag der von Professor Ingolf Pernice organisierten Redereihe Forum Constitutionis Europae braucht man hier nicht zu rekapitulieren.1 Mir schien wichtig, nach dem Lissabon-Urteil des deutschen Bundesverfassungsgerichts die gemeinsame Aufgabe nicht aufzugeben, sondern den Dialog fortzuführen.

Die Deutschen haben Recht, wenn sie die europäischen Institutionen besser legitimieren wollen. Ohne Demokratie hat die Wirtschafts-und Währungsunion, hat die EU dauerhaft keine Zukunft. Wenn wir mit einer strengen gegenseitigen Haushaltskontrolle, mit einer Annäherung der Steuer-, Sozial- und Wirtschaftspolitiken den Wohlstand sichern wollen, kann dies nur in einem viel transparenteren und demokratischeren Rahmen stattfinden. Die Rolle des Deutschen Bundestages und die Kontrolle des Bundesverfassungsgerichts haben dazu beigetragen, die deutsche Demokratie stabil zu machen. Die Intensität der Demokratie muss unbedingt auf die europäische Ebene übertragen werden. Aber wie?

Die Franzosen haben aber auch Recht, wenn sie sich eine „Regierung” wünschen: mit ein paar Regeln kann man, anders als wir in Maastricht geglaubt haben, nicht alles regeln. In einer Krisensituation müssen die kompetenten Behörden rasch handeln. Unsere weltweite Glaubwürdigkeit wird jetzt leider in Frage gestellt, weil unsere Regierungen zu oft zögern. Und die Franzosen – und andere Europäer – betonen mit Recht, dass die Karlsruher Richter das Schicksal von 500 Millionen Menschen nicht allein bestimmen dürfen.

Die deutsch-französische Synthese ist notwendig: Wir brauchen eine demokratisch legitimierte europäische Regierung.

Um sie zustande zu bringen, müssten wir aber noch besser begreifen, dass die Erfahrungen der verschiedenen Völker so unterschiedlich sind, dass dieselben Wörter oft nicht den gleichen Sinn haben. Wenn ein Deutscher – mit Recht – Haushaltsdisziplin fordert, so sollte er berücksichtigen, dass ein anderer Europäer womöglich keine Großmutter hatte, die ihm von der Weimarschen Hyperinflation und Rezession erzählt hat. Nach Tocqueville hat das französische Volk unter dem Ancien Régime eine besondere Begabung entwickelt, die Diktate des Monarchen zu ignorieren. Zu gehorchen heißt danach Freiheit zu verlieren. Wer ohne Rücksicht auf die Geschichte versucht, eine Währung (die viel mit dem Unbewussten zu tun hat) einzuführen und aufrecht zu erhalten, wird scheitern.

Der gefühlte neue Unilateralismus Deutschlands löst bei seinen europäischen Partnern große Sorge aus. Wenn die besten Freunde Deutschlands dies nicht laut sagen und sich aufmachen, gemeinsame Wege zu finden, wer sonst?

Demokratie dient der Wirksamkeit und die Interdependenz verbietet Alleingänge, sagt diese hervorragende Studie, in der fünf junge Juristen das Beste des deutschen und zugleich europäischen Geists gezeigt haben. Es ist ein Anfang, ein Beitrag zu einer weiteren, einer breiteren Diskussion. Sie hat gerade erst begonnen.

Brüssel, den 21. Juli 2012, Sylvie Goulard, MEP (ALDE)

1 Vgl. die FCE-Rede 3/2011 vom 8.2.2011, Mehr als eine Finanzkrise. Eine Perspektive aus dem Europäischen Parlament, online unter http://www.whiberlin.eu/tl_files/FCE/Rede-Goulard.pdf (letzter Aufruf am 19.7.2012).

Geleitwort

Ein tiefer Riss klafft zusehends zwischen Nord- und Südeuropäern: hervorgerufen einerseits durch die Entwicklungen der Wirtschafts- und Finanzkrise (welche die Eurozone noch immer beeinträchtigt) und andererseits durch die Lösungsmechanismen, mit denen man der Krise begegnen möchte. Die Südeuropäer fühlen sich ungerechterweise strikten Sparmaßnahmen unterworfen, die ihnen von anderen auferlegt werden, während die Nordeuropäer finden, dass sie ungerechterweise gezwungen werden, die Schulden von anderen zu bezahlen. Basierend auf dem gemeinsamen Interesse – dem Funktionieren der Eurozone und der Stabilität unserer gemeinsamen Währung – zeigt sich indes eine zentrale Forderung, die beiden Sichtweisen gemeinsam ist: die Forderung nach mehr demokratischer Legitimation für die Entscheidungen, die auf europäischer Ebene getroffen werden. Nach den Vorstellungen der meisten unserer unzufriedenen Bürgerinnen und Bürger bedeutet das, solche Entscheidungen einer engeren Kontrolle zu unterwerfen – allerdings viel mehr einer engeren Kontrolle durch unsere nationalen Parlamente als durch das Europäische Parlament.

Nach meiner persönlichen Auffassung hatte der Europäische Konvent absolut Recht, als er festschrieb, dass die Europäische Union auf dem Willen ihrer Mitgliedstaaten und auf dem Willen ihrer Bürger beruht. Die duale Legitimation, die sich aus diesen Annahmen ergibt, ist dem Wesen unserer hybriden institutionellen Konstruktion inhärent. Welche Entwicklungen auch immer unsere Zukunft bringt: die nationalen Parlamente werden unstrittig eine Rolle spielen. Allerdings: Wie erklären wir, dass unsere Bürgerinnen und Bürger sich in genau dem Augenblick hauptsächlich auf ihre nationalen Parlamente verlassen, in dem unser gemeinsames Handeln durch immer weiter fortgeschrittene Integrationsformen erfolgt und wir eine Transformierung mehr und mehr in Richtung Fiskalunion erleben, die zu einer politischen Union führen soll1? Dürfte man nicht erwarten, dass das Europäische Parlament im Zentrum steht?

Die Antwort lässt sich leicht den Worten entnehmen, die unsere Bürgerinnen und Bürger, im Norden wie im Süden, verwenden, um ihre Gefühle auszudrücken: „Verlust der Souveränität“, so sagen sie, „unsere Souveränität wird geraubt“. So wird die Union – genauer: die Eurozone – heute wahrgenommen. Sie wird wahrgenommen als ein verbundenes System von Staaten, die ihre Einheit, und ihre Währung, wahren, indem sie die Lasten und Beschränkungen so verteilen, dass Freiheit und Verantwortlichkeit zugunsten anderer erodieren. Wenn Teil der Union zu sein also bedeutet, Gefangene der jeweils anderen zu sein, dann lasst uns, so sagen sie, die Rolle unserer nationalen Parlamente stärken als Schutzschilde der Freiheit und Verantwortlichkeit, die wir verlieren.

Das ist eine verzerrte Wahrnehmung unserer tatsächlichen Lage, denn Lasten und Beschränkungen werden zum Wohle unserer gemeinsamen Güter verteilt, nicht lediglich zugunsten einiger von uns. Allerdings ist diese Wahrnehmung auch nicht vollkommen falsch, denn sie führt zum Kern der Probleme: erstens zu dem Fehler, den wir gemacht haben, als wir den Rahmen des Euro auf die Koordination nationaler Politiken beschränkt haben (unter Ablehnung stärkerer supranationaler Handlungsformen), und zweitens zu den Lösungsmechanismen, die wir – im selben Rahmen – nunmehr anwenden. Als wir damals entschieden, uns nicht mit stärkeren supranationalen Handlungsformen auszurüsten, geschah das aus dem einfachen Grund, dass die Mehrheit von uns nationale Prärogativen und Verantwortlichkeiten schützen und behalten wollte. Nunmehr ereilt uns aber überdeutlich die Rache der Geschichte, denn genau die Einführung dieses Rahmens ist es, die unsere Prärogativen und Verantwortlichkeiten verringert. Innerhalb eines Rahmens der intergouvernementalen Koordination nationaler Politiken war die Umsetzung von Empfehlungen in Beschränkungen und von Vorschlägen in bindende Forderungen unsere einzige Option. Das ist es, was wir bisher getan haben, und das ist es, wogegen sich unsere Bürgerinnen und Bürger verwehren.

Würde Candide noch leben, würde er uns fragen, ob es für uns nicht besser wäre, unsere ursprüngliche Wahl zu überdenken und uns aus der Falle zu befreien, in die wir gerade tappen. In einer stärker nach föderalem Muster ausgerichteten, also quasi-föderalen, Architektur wäre jeder Mitgliedstaat „freier“ (zu handeln) und gleichzeitig verantwortlicher für seine eigene Zukunft. Vergessen wir nicht, dass in einer solchen Konstruktion der Wert und die Festigkeit der gemeinsamen Währung nicht von den Schulden der Mitgliedstaaten abhingen, sondern von der Finanzsituation auf supranationaler Ebene. Mitgliedstaaten könnten sogar insolvent werden, ohne dass dies die gemeinsame Währung beeinträchtigen würde; zugleich aber hätten sie geringere finanzielle Schwierigkeiten, denn es ist bekannt, dass ein Teil des hohen Aufschlags auf die Schuldverschreibungen unserer schwächeren Mitgliedstaaten ihrer Verbindung zum Euro geschuldet ist.

Ich weiß ehrlich gesagt nicht, ob Candides Frage hinreichend realistisch ist, ob wir, mit anderen Worten, noch die Zeit für die quasi-föderale Option haben, also dafür, unsere Union weniger horizontal und dafür vertikaler zu gestalten. Sicher ist aber, dass die Forderung nach verstärkter demokratischer Legitimation ein ausgezeichneter Anker für Reformen zur Erreichung einer stärkeren demo kratischen Verantwortlichkeit auch auf europäischer Ebene und für Reformen hinsichtlich einer möglichen Übertragung von Kompetenzen auf diese Ebene ist – Reformen, die gegenwärtig in der zersetzenden Beziehung zwischen unseren Mitgliedstaaten gefangen sind.

Die Autoren dieses Buches haben die bestehenden Verträge untersucht; mit bewundernswerter Klarheit sagen sie uns, was auf Grundlage der bestehenden Verträgen erreicht werden kann, welche Maßnahmen Vertragsänderungen im vereinfachten Vertragsänderungsverfahren benötigen und welche Maßnahmen in eine dritte Kategorie fallen, die nach dem Bundesverfassungsgericht Änderungen sowohl der Verträge als auch der nationalen Verfassungen (wie des deutschen Grundgesetzes) erfordern. Es ist dies keine einfache road map, sondern ein entscheidender Leitfaden für diejenigen, die auf der Grundlage des erwähnten Berichts der vier Präsidenten Reformen vorbereiten. Beschrieben wird die Rolle, die den nationalen Parlamenten zukommen soll, aber auch die noch umfangreichere Rolle des Europäische Parlaments, das unsere Autoren stärker in das Defizitverfahren einbinden wollen; auf diese Weise soll demokratische Unterstützung für die bindenden Entscheidungen vermittelt werden, die von der Kommission bei der Umsetzung der engeren Regeln nach dem Fiskalvertrag angenommen werden müssen. Zudem werden Kompetenzübertragungen untersucht, die unsere politische Union nützlicher-weise „vertikalisieren“ würden.

Die Autoren habe ihre Untersuchung nicht vorgenommen, um die Candide- Frage zu beantworten. Das Modell des Verfassungsverbundes, das wir Ingolf Pernice verdanken, war das Leitbild, dem sie in ihren Ausführungen gefolgt sind. Dieses Modell ist genau deswegen besonders fruchtbar, weil es offen für mehr als nur eine Option ist. Aber es ist die Aufgabe von uns Europäern, über den Weg in unsere Zukunft zu entscheiden und folglich über die Option, der wir folgen wollen.

Die Auffassung des Bundesverfassungsgerichts sollte im Übrigen nicht als Stoppschild zur Verhinderung weiterer Übertragungen verstanden werden, die wesentlich sein könnten, um die europäische Ebene dichter zu gestalten als sie es jetzt ist – und stark genug, um dem Euro einen angemessenen europäischen Rahmen zur Verfügung zu stellen. Das Bundesverfassungsgericht erklärt uns lediglich, dass die Wahl dieses Weges eine Umwandlung unseres Zusammenbleibens bedeutet und eine erneuerte Verfassungsentscheidung verlangt. Ehrlicherweise können wir nicht leugnen, dass das die einfache Wahrheit ist. Aber wenn wir wirklich eine politische, quasi-föderale Union wollen, können wir unseren Bürgerinnen und Bürgern erklären, dass sich deren Schaffung lohnt, um genau dem Unbehagen über die gegenwärtigen Trends entgegenzutreten. Wäre eine feste politische Union von freien und verantwortlichen europäischen Völkern nicht viel besser als eine Union von nationalen Gemeinschaften, die sich gegenseitig auf die Füße treten? Candide hätte überhaupt keine Zweifel.

Pisa, den 7. August 2012 Giuliano Amato

1 Vgl. den Bericht der „vier Präsidenten“ – von Europäischem Rat, Kommission, Eurogruppe und Europäischer Zentralbank – angenommen vom Europäischen Rat am 29. Juni 2012.

« La Présidentielle en 25 débats », Nomos, Janvier 2012

presidentielle-en-25-debats(Hors collection -L’Express) dans lequel Sylvie Goulard exprime ses vues sur la question « Le projet européen est-il condamné ? » (p. 234-243).